Alternate Text

Antoine-Louis BARYE ( 1795 - 1875 )

THESEE COMBATTANT LE MINOTAURE (1843)

First version, refused at the Salon of 1843.
Bronze, rich brown patina
H : 45,2 cm, W : 25,8 cm, D : 16,5 cm
Lifetime cast signed "Barye", Barye studio; provenance : Artist studio... Georges Petit Gallery... UDB collection (Paris), Charles Janoray collection, former Princesse de Salm collection, UDB collection 211003 ;  "beautiful example"- very rare with this quality.
Circa : 1860

Il fallait vraiment que Barye ait beaucoup d’ennemis dans le jury du Salon pour que cette première version de Thésée combattant le Minotaure soit refusée en 1843, ainsi que les études de taureaux qui s’y rapportent.

Nous sommes ici pourtant dans le plus parfait exemple d’un thème choisi dans l’Antiquité, l’histoire ou les Saintes Écritures, types des sujets privilégiés par les académiques. En fait, les sculpteurs romantiques sont refusés au Salon surtout dès 1834, en raison du grand succès que rencontre ce courant et des commandes qui s’ensuivent. Dans le cas de Barye, Louis-Philippe acquiert le Lion au serpent auquel il adjoindra le Lion assis des Tuileries, et le Duc d’Orléans lui commande son impressionnant Surtout de table avec ses cinq chasses sculptées par l’artiste.

Barye était très fier de son groupe mythologique, puisque dans sa lettre de candidature à l’Académie des Beaux-Arts, Thésée combattant le Minotaure est, dans la « collection des bronzes de Barye » un des deux modèles qu’il met en exergue avec Thésée combattant le centaure Biénor.
Et de fait, bien que ce sujet ait été abondamment traité par ses confrères, c’est sans conteste la version de Barye qui est devenue iconique.

Peut-être est-ce en raison de sa grande qualité à savoir rendre crédible la difficile représentation artistique du couple mythologique « monstre-être humain ». Ici, dans une composition en X, l’intelligence du jeu de jambes occulte la monstruosité du Minotaure et renvoie l’attention vers la partie haute de la sculpture, où se concentre l’intensité de l’action, avec le glaive et le face à face du monstre et du héros.

Il s’agit de la première version, sur une terrasse parallélépipédique, avec nudités non masquées. Dans la seconde version, qui date peut-être de la fin des années 1860, la terrasse s’est enrichie d’un profil et les nudités ont été atténuées sous la pression de la bourgeoisie catholique de l’époque.

Nous pensons aujourd’hui que Barye a exploité les deux versions en concomitance, et ceci sans réel succès, en raison du peu d’épreuves produites en comparaison avec son second groupe mythologique, Thésée combattant le centaure Biénor.

C’est F. Barbedienne qui a véritablement popularisé le modèle, surtout au tournant du siècle, et uniquement dans la seconde version dont il a aussi proposé un agrandissement.
 

Antoine-Louis BARYE