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Exposition au musée Camille Claudel "Au temps de Camille Claudel. Etre sculptrice à Paris"
Cet ensemble soulève plusieurs thématiques tout en mettant en avant un répertoire d’artistes féminines oubliées, bien souvent de la critique et des historiens. Les axes d’études sont ainsi monographiques avec des biographies, contextuels, sociaux en évoquant les réseaux, stylistiques par migration d’esthétiques et enfin, techniques avec l’évocation des transpositions en céramique, notamment avec Edmond Lachenal.
Etudier le cercle de Camille Claudel, c’est ainsi se plonger au coeur des modalités de l’apprentissage de la sculpture dans ces années de presque monopole de l’esthétique rodinienne. C’est définir les réseaux des différents intervenants du procédé sculptural, mais aussi assister à l’essor d’une sensibilité expressive toute féminine et d’une véritable sororité dans le dernier domaine des arts reputé comme ayant un caractère intrinsèquement masculin.
En effet, dégrossir, tailler, sculpter, requiert force et détermination, qualités longtemps refusées aux jeunes femmes qui se voyaient obliger de faire machine arrière devant les soi-disantes contraintes physiques incompatibles avec leur condition. Pourtant autour de Claudel, au caractère affirmé, nait tout un réseau de connaissances, d’amitiés ou animosités féminines qui témoignent de porosité et d’échanges autour des sujets et des compositions, comme les Causeuses de Agnès de Frumerie ou le dialogue des giganti (Claudel ; Lipscomb et Rodin) parfois pour voir grand, monumental ou puissant comme la Harpie Celeano de Mary Pownall (Glasgow, Kelvingrove Art Gallery). Cet impressionnant marbre allie l’expression terrifique à une véritable recherche des contrastes des textures qui le rend très dynamique.
L’exposition s’appuie aussi sur les conditions d’apprentissage des sculpteurs, ce moment clef où elles font leurs preuves parmi les hommes, mais aussi souvent entre elles avant que les plus téméraires n’aient définitivement le pied à l’étrier.
Cet ensemble est construit autour d’une vingtaine de figures féminines françaises mais aussi et surtout européenne, à une époque où la femme voyageait rarement seule. Cette pluralité met en avant une attractivité de la manière parisienne aussi bien pour les cercles masculins que féminins.
On découvre ainsi avec étonnement toutes ces figures scandinaves, dont la modernité des patries d’origine a visiblement joué un rôle déterminant, en avance sur les autres nations européennes quant aux libertés des femmes.
Le catalogue s’achève en ouvrant vers l’affirmation d’un style propre pour une sculpture moderne et personnelle avec Jane Poupelet et Yvonne Serruys.
Parmi les femmes sculptrices évoquées : Anna Bass | Carolina Benedicks-Bruce | Hélène Bertaux | Charlotte Besnard | Marie Cazin | Camille Claudel | Laure Coutan-Montorgueil | Ida Fielitz | Sigrid af Forselles | Agnès de Frumerie | Jeanne Itasse | Madeleine Jouvray | Jessie Lipscomb | Ottilie Maclaren | Ruth Milles | Blanche Moria | Blanche Polonceau | Jane Poupelet | Yvonne Serruys | Marguerite Syamour | Ghita Theuriet | Sarah Whitney | Laetitia von Witzleben
UDB est heureux de présenter à cette occasion un rarissime exemplaire de l’Eternelle Idole de Rodin, l’un des deux exemplaires identifiés de cette esquisse témoignage du dialogue artistique et thématique entre Auguste Rodin et Camille Claudel, avec le sujet du Sakountala.

Rodin, Eternelle Idole (esquisse), circa 1940, UDB Collection. Voir cette oeuvre