Adèle d'AFFRY dite MARCELLO
Marcello, de son nom Adèle d’Affry, est la duchesse de Castiglione Colonna. Née le 6 juillet 1836 à Fribourg, au sein d’une famille aristocratique suisse. En effet elle est la fille aînée du comte Louis d’Affry et de Lucie de Maillardoz.
Son éducation artistique commença dès son plus jeune âge avec des leçons de dessin et d’aquarelle sous la direction du peintre Joseph Auguste Dietrich puis continua avec des cours de modelage dans l’atelier du sculpteur suisse Heinrich Max Imhof.
A la mort de son mari, elle trouve refuge au couvent des Dames du Sacré-cœur, à la trinité-des-Monts. Ici, sa vocation artistique s’amplifie et reprend contact avec Imhof ce qui affirme progressivement son désir de devenir artiste.
En 1859, notre artiste se rend à Paris et commence à côtoyer la société brillante du Second Empire. Son rang permet de fréquenter les salons légitimistes du faubourg Saint-Germain tout en lui permettant de poursuivre une formation artistique exigeante. Elle continue à étudier différent type d’art notamment le dessin animalier au Muséum national d’Histoire Naturelle avec le sculpteur animalier Antoine-Louis Barye. Elle est supervisée par l’artiste Auguste Clésinger.
En 1861, elle candidate à l’Ecole des beaux-arts de Paris mais sa demande sera rejetée, l’institution restant fermée aux femmes. Deux ans plus tard, elle décide d’exposer ses œuvres au Salon parisien sous le pseudonyme masculin qui est « Marcello ». Elle y présenta trois sculptures : Bianca Capello, buste en marbre ; le Portrait du Comte Gaston de Nicolaï, buste en marbre ; ainsi que le buste de la duchesse de San Césario, en cire. Le buste de Bianca Capello fait d’amblée sensation, et le nom de Marcello est bientôt sur toutes les lèvres. Elle retiendra ainsi l’attention de l’impératrice Eugénie qui lui donnera une place à la cour et lui passe en 1865 une commande officielle pour son portrait.
Adèle développe une œuvre marquée par la force expressive, la sobriété des formes et une profonde sensibilité psychologique mêlant ainsi idéalisme et réalisme. Sa carrière, bien que brillante, reste relativement brève. En effet, atteinte de tuberculose, elle s’éteint le 16 juillet 1879 à Castellammare di Stabia, en Italie. Elle y laisse ses mémoires inachevées ainsi qu’une liste de ses sculptures qu’elle lègue à l’Etat de fribourg, à la condition qu’un musée consacré à son œuvre soit fondé.