Jean-Jacques FEUCHERE
( 1807 - 1853 )
MÉPHISTOPHÉLÈS or SATAN 1st version (1833)
Jean-Jacques FEUCHERE
( 1807 - 1853 )
MÉPHISTOPHÉLÈS or SATAN 1st version (1833)
Bronze, patine médaille
H : 33,3 cm, L : 17,9 cm, P : 13,3 cm
Epreuve ancienne signée et datée dans le modèle «J. Feuchère 1833», edition ancienne par l'atelier.
Circa 1833-1840
Références d'exposition du modèle :
Salon en 1834 (plâtre)
Salon en 1835 (bronze)
Expo. cent. de l’Art français (1900)
Detailed Description
En sculpture, il a réalisé le « Passage du Pont d’Arcole » en 1834 pour l’Arc de Triomphe de l’Étoile et a modelé un Benvenuto Cellini présenté au Salon de 1835. Il a également créé en 1838 les allégories de l’Agriculture et de l’Industrie pour l’une des fontaines de la place de la Concorde et, en 1846, une Marie Stuart pour la promenade des Reines dans le jardin du Luxembourg. Le thème est tiré du Faust, une pièce écrite par J.-W. Goethe (1749-1832) et publiée en deux versions en 1808 et 1832. C’est le Satan du Salon de 1834, le grand Salon de la sculpture romantique, qui a véritablement fait connaître Feuchère. Dans l’histoire de la sculpture, ce modèle est devenu « la » représentation emblématique du sujet et, pour rappeler la célèbre citation de Luc Benoist dans son ouvrage La Sculpture romantique (1928) à propos de Jean-Bernard Duseigneur, « le chef-d’œuvre que le sculpteur n’a pas su répéter ».
Les représentations de Méphistophélès sont souvent peu convaincantes dans l’art, en particulier en peinture et en sculpture, car les attributs courants de l’ange déchu – cornes, ailes, queue fourchue – risquent très vite de réduire le thème à une simple anecdote, ôtant ainsi toute crédibilité à l’œuvre produite.
Feuchère a eu ici l’idée géniale d’envelopper Satan dans les ailes de la défaite, des ailes dans l’ombre desquelles il semble vouloir disparaître. Il se ronge la main gauche de désespoir tandis que la droite tient l’épée brisée du combat perdu. De composition ovoïde, compacte s’il en est, en parfaite adéquation avec le sujet, le Satan de Feuchère est paradoxalement facile à lire et n’est pas gêné par les attributs mentionnés ci-dessus.
Ce modèle revêt une importance particulière en histoire de l'art en raison de son succès. Il est devenu une icône du diable en sculpture. Sa filiation et ses descendants : il trouve ses origines dans les Ignudi de Michel-Ange du Jugement dernier de la chapelle Sixtine et a influencé Carpeaux en 1857 pour sa représentation du comte Ugolin dans Ugolin et ses fils, puis Rodin pour Le Penseur de la Porte de l’Enfer en 1880.
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