Diego GIACOMETTI

Diego Giacometti est souvent présenté comme une personnalité effacée, qui a toujours vécu dans l’ombre de son frère aîné Alberto. Sans travail en 1925, c’est sur les conseils de sa mère qu’il vient de Suisse à Paris, « Tu veilleras sur Alberto, mon fils » ; ils demeurent ensemble, déjà au 46 rue Hippolythe Maindron en 1926. Il deviendra son confident, celui qui est toujours là, le modèle patient, et son praticien zélé et talentueux, praticien pour les armatures, le moulage, la pierre et le marbre... Bref, le frère cadet qui semble s’être toujours senti comme un peu perdu dans la vie devient rapidement « l’arrimage » et le garant du quotidien dans celle d’Alberto. Avec l’aide de Diego, Alberto produit dans les années 1930 pour Jean Michel Franck les objets décoratifs que l’on connaît, simples de dessin et aux formes qui semblent universelles, lampes, lampadaires, bas-reliefs et portes bouquets, etc.,. C’est à partir de la fin de cette décennie que Diego commence à créer ses propres objets décoratifs. Ceux-ci, en petit nombre d’abord, en raison de la proximité et des turbulences de la guerre, puis du fait qu’après celle-ci, il se consacre largement à la pratique pour son aîné dont la notoriété devient mondiale dès 1947. C’est dans ces années que Diego réalise deux chaises pour le peintre décorateur Christian Berard. Il travaille alors seul, se dit “artisan-meublier” et reçoit des commandes qui vont vite croissant, essentiellement de ses galeries et marchands, Aimé Maeght, Pierre Matisse et Daniel Kahnweiller. En juin 1961, il s’installe alors dans une maison achetée par son frère au 16 rue du Moulin-Vert et continue de développer son corpus d’objets décoratifs, meubles, fauteuils, tabourets, guéridons et lampes. Mais il faudra attendre la mort d’Alberto en 1966 pour voir sa production s’accélérer, surtout dans les quinze dernières années, production qu’il aura toujours des réticences à signer, en respect pour son ainé, malgré l’insistance de son galeriste Pierre Matisse à New-York. Il ne signera qu’au début des années 1970, certaines pièces seulement, et encore simplement du monogramme DG ou de son prénom. L’âge venant, Diego s’adjoindra alors des praticiens, ils seront trois, le dernier étant Phillipe Anthonioz, son assistant pour l’ultime chantier, et non des moindres, celui du musée Picasso, 1983-1985