Alberto Giacometti

Né en Suisse dans une famille où l’Art est une grande préoccupation, Alberto Giacometti choisit de compléter sa formation en s’installant à Paris en 1922. Il suit les enseignements de Bourdelle aux côtés de Germaine Richier. Il en retient un grand intérêt pour le modelage et la matière. Son frère Diego, également sculpteur, le rejoint en 1925. Ils travaillent donc ensemble dans un Paris devenu capitale intellectuel et artistique, où éclosent de nombreux courants. Au début des années 1930, il commence à collaborer avec le décorateur Jean-Michel Franck en imaginant des objets décoratifs. Cet attrait pour le mobilier et l’objet attisera encore la curiosité et l’imaginaire de son frère, dans un tout autre registre, jusqu’à la fin de sa carrière. C’est durant cette période des années 30 qu’Alberto se rapproche des artistes surréalistes qui s’interrogent justement sur ce statut de l’objet et sa portée esthétique, voir métaphorique. L’œuvre emblématique d’Alberto témoignant de cette influence est la Boule suspendue, qui fascina aussi bien André Breton que Salvador Dali. Refugié en Suisse durant la Seconde Guerre Mondiale, il y imagine ses célèbres figures fines qui marchent. D’une grande force expressive, elles sont propices à la grande dimension, ce qui contribuera à leur succès. Parallèlement à ses recherches tridimensionnelles, l’artiste dessine et peint abondamment, dont de nombreux portraits Les deux frères possèdent alors le soutien indéfectible de certaines personnalités du marché de l’Art, qui valorisent au-delà des frontières françaises leurs œuvres, comme Aimé Maeght et Pierre Matisse. Il est choisi en 1958 pour réaliser un monument installé au pied du building de la Chase Manhattan Bank à New York. S’il ne fut réalisé, ce monument contribua à l’avènement de l’œuvre majeure de l’artiste, l’Homme qui marche, en 1960. Il meurt en 1966, laissant son frère concrétiser et donner vie à sa propre création.