Aristide MAILLOL

Maillol qui est à l’origine peintre, dessinateur, graveur et lissier de ses propres tapisseries, aborde la sculpture en 1896 par le biais de la taille directe du bois. Il utilise du buis en particulier, essence utilisée en gravure, dont la densité présente l’avantage de pouvoir être travaillée finement dans tous les sens de taille. Ainsi le sculpteur peut faire coïncider matière et pensée, grâce à une matière qu’il a bien maîtrisée.

Maillol réalise, dans l’esprit des sculptures de Gauguin qu’il admirait, d’abord des bas-reliefs, puis ses deux premières ronde-bosses en 1898-1899. La Baigneuse debout est la seconde et la plus importante, une taille directe sculptée dans du buis.
Au début du XXe siècle, l’artiste découvre aussi le plaisir de travailler la terre. Il fait alors un estampage de la Baigneuse en 1920 et produit trois exemplaires en terre qu’il retravaille lui-même.


Dans la sculpture, Maillol admire Rodin et son succès est immédiat. Maillol s’impose rapidement comme le sculpteur de la "Femme éternelle" dans l’expression de sa plénitude et de sa beauté. Ses œuvres sculptées présentent une monumentalité évidente, une capacité à paraître plus importantes qu’elles ne le sont en réalité ; c’est le cas de la Baigneuse debout, aux dimensions puissantes et justes, qui annonce Méditerranée, Pomone, ou l’Hommage à Cézanne.
 
Une pratique récurrente dans la sculpture est la reproduction d’une œuvre dans de nombreux matériaux. Après les exemplaires en bois et en terre, Maillol fait des épreuves en bronze de la Baigneuse debout plus lisses de surface, faites à partir de plâtres modifiés et lissés, d’un épiderme moins vibrant que celui des terres cuites.
    
D’une manière générale, les terres de Maillol—en général d’époque et modelées par lui—sont plus rares que ses bronzes, dans une proportion de un à dix semble-t-il, qui sont parfois posthumes.