Henri LAURENS

Artiste autodidacte, Henri Laurens est considéré comme l’une des personnalités majeures du renouvellement de la sculpture au début du XXe siècle. Discret, il trouva pleinement son mode d’expression dans les idées cubistes, qui se développent dans un Paris où évoluent Bourdelle, Maillol, Despiau et où retentit encore l’influence des recherches de Gauguin. Les arts premiers et une nouvelle lecture de la sculpture médiévale et antique participèrent à l’avènement du cubisme, prôné par Pablo Picasso, Juan Gris ou encore Henri Matisse. Laurens étudie et analyse les pratiques de ses contemporains à travers ses bas-reliefs, un nouvel usage de la polychromie mais aussi une recherche au niveau des matériaux, qui influenceront Csaky. A partir des années 1920, Laurens se consacre presque exclusivement à la figure féminine nue, essence même de la beauté universelle. Œuvres toujours empruntes de monumentalité, ses femmes couchées aux formes généreuses possèdent des contours forts avec une profonde géométrisation aux lignes droites et anguleuses. Ce ne sera que vers le début des années 30 que, dans une seconde phase générale du mouvement du cubisme que les lignes s’adoucissent, plus souples, en rapport étroit avec le thème des sirènes et des baigneuses qui fascinent le sculpteur surtout après 1937, lors de son premier séjour au bord de la mer.