Joseph BERNARD

Fils d’un tailleur de pierre, J. Bernard, qui présente peu d’intérêt pour les études, quitte très tôt l’école pour accompagner son père sur les chantiers où il s’occupe à restaurer les monuments médiévaux de Vienne. Il réalise alors deux éléments de portail et une tête de la République qui le font remarquer et lui permettent d’obtenir de la part de la ville une bourse d’études d’abord à l’Ecole des Beaux-Arts de Lyon en 1881, puis de Paris en 1887. Inscrit dans l’atelier de Cavelier, il n’est guère assidu, car il n’apprécie pas le modelage en vogue à l’époque et consacre l’essentiel de son temps à la peinture et au dessin qu’il étudie dans l’atelier de Juste Lefevbre et de Gustave Boulanger. En 1891, il décide d’abandonner les études pour commencer un long travail solitaire. Il subit un temps l’influence de Rodin, mais s’en libère rapidement et commence à exposer au salon de 1892. En 1921, lors d’un déménagement, il détruira une grande partie de toutes les sculptures de cette époque. En 1900, il s’installe à la cité Falguière, ruche d’artistes où vont travailler Modigliani, Brancusi, Czaky… Comme il souhaite conserver son indépendance, il refuse de travailler comme praticien pour d’autres artistes comme le font beaucoup de ses confrères et occupe un emploi dans une imprimerie la nuit, se consacrant à son art durant le jour. Il réalisa ainsi ses premières œuvres et surtout les plus connus entre 1900 et 1921, où il est aussi connu que Bourdelle et Maillol. Ses sculptures sont toujours empreintes d’une grande douceur et répondent à des thèmes lyriques et bucoliques, chers à la période Art Déco.