Auguste RODIN

C'est à la Petite École que Rodin reçoit une première formation dans l'atelier de Horace Lecoq de Boisbaudran. Son amitié avec Alfred Barye, le fils aîné du grand sculpteur animalier, lui permet de recevoir une formation de sculpteur animalier. Cet art le décevra, ce qui fera qu'il ne produira que le Lion qui pleure. Déçu aussi par trois échecs au concours pour le Prix de Rome, et à la suite du décès prématuré de sa sœur, il entre au noviciat de la congrégation du Très Saint-Sacrement où il se destine à être religieux. Au cours de ce séjour, il réalise le buste du Père Julien Aymard sur les conseils duquel il retourne à la vie civile et renoue avec sa première passion, la sculpture. Il entre alors dans l'atelier de Carrier-Belleuse dont il devient très rapidement le praticien favori. Exilé comme son patron à Bruxelles après la guerre de 1870, il commence à travailler pour lui-même et réalise sa première sculpture majeure qui attire l'attention de la critique en 1877 : L'Âge d'Airain. Le réalisme de l'œuvre est tel qu'il sera accusé d'avoir moulé un corps et verra ainsi mettre en doute son talent ce qui sera pour lui l'occasion d'une grande souffrance. Sa carrière prend un réel tournant avec la commande de La Porte de l’Enfer pour le futur musée des Arts décoratifs en 1880 et celle des Bourgeois de Calais en 1885. Ces deux réalisations, auxquelles s'ajoutent le Monument à Victor Hugo et la statue de Balzac, vont l'occuper jusqu'au début des années 1900 et en faire le sculpteur le plus important de son temps. Pour faire aboutir ces projets, il s'entoure de nombreux praticiens qui deviendront par la suite les meilleurs sculpteurs de l'époque. Camille Claudel, une jeune fille tout juste formée, vient le rejoindre dès 1883 et – praticienne, élève et amante – bouleverse sa vie pendant plus de dix ans le marquant pour toujours. Une émulation réciproque va le pousser à produire des œuvres où leur amour communie dans la terre, le bronze et le marbre. Cette passion, qui sera fatale pour la jeune femme, fera un moment trembler le colosse sur sa base. Finalement, il choisira la fidélité à sa vieille compagne et surtout à son Art qui va emporter toute sa vie. Considéré comme le plus grand sculpteur depuis Michel-Ange, il connaît une renommée mondiale et s'éteint à Meudon quelques mois après sa compagne. Il laisse ses œuvres ainsi que les droits de reproduction qui s'y rattachent à L'État. Cette œuvre est exposée à l'Hôtel Biron à Paris et Villa des Brillants à Meudon, devenus l'un et l'autre propriété de l'État.