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Marius-Jean-Antonin Mercié
( 1845 - 1916 )

More about the artist

GLORIA VICTIS

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Marius-Jean-Antonin Mercié
( 1845 - 1916 )

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GLORIA VICTIS

Reduction n°1 bronze (3/5 de l'original), patine brune richement nuancé avec réhauts dorés 
H : 187 cm, L : 112 cm, P : 91 cm
Signé «A.Mercié» avec la marque «F. Barbedienne Fondeur», présenté en modèle avec clavettes et montages, l'exemplaire décrit dans le catalogue raisonné de Barbedienne (Rionnet, 2016) : «le janvier 1912, le sculpteur autorise l’éditeur à monter en épreuve et à mettre en vente le modèle n°1», un second exemplaire dans la même dimension actuellement au Musée des Augustins de Toulouse.
Circa 1880-1912

Références d'exposition du modèle  :
Salon en 1874 (plâtre), en 1875 (bronze)
Exposition Universelle (1878)
Exposition centennale de l'Art Français (1900)

Detailed Description

 « GLORIA VICTIS » : UN BRONZE EXCEPTIONNEL
Cet exemplaire est exceptionnel par sa taille : il s’agit d’un moulage à demi-grandeur, réduction n° 1, représentant les trois cinquièmes de la taille de l’original. On estime qu’il n’existe pas plus d’une douzaine d’exemplaires de cette taille, dont le seul recensé dans un musée, conservé au Musée des Augustins à Toulouse, ville natale du sculpteur. Mais surtout, il ne s’agit pas d’un bronze quelconque, mais du modèle maître – la matrice de reproduction – partiellement remonté à titre d’exemple, avec des tiges de montage visibles à certains endroits. Ce bronze est mentionné dans une note datée du 29 janvier 1912 sur la fiche de production du modèle : « le sculpteur autorise l’éditeur à monter un exemplaire et à mettre en vente le [modèle] numéro un ».

UN MODÈLE RARE ET L'HÉRITAGE DE BARBEDIENNE
Ce type de réalisation est extrêmement rare pour un bronze. Il était parfois conçu comme un modèle d'exposition afin de mettre en valeur la qualité de la fonte et le savoir-faire du fondeur. Au début du XXe siècle, Barbedienne était devenu le spécialiste mondial des fusions monumentales et le plus grand fondeur de son époque.

Les bronzes en taille réelle, mesurant plus de trois mètres de haut, ne se trouvent pas dans des collections privées. On les trouve au musée du Petit Palais à Paris, à la Glyptotek de Copenhague et, en tant que douloureux rappels de la défaite de la France en 1871, sur les places publiques de nombreuses grandes villes françaises (Agen, Bordeaux, Châlons-en-Champagne, Cholet, Niort, etc.).

VALEUR ARTISTIQUE ET SUCCÈS COMMERCIAL
En termes de sujet, Gloria Victis est, avec David vainqueur de Goliath, l’un des deux chefs-d’œuvre à connotation politique de l’artiste. Réalisée juste après la défaite de 1871, alors que le sculpteur était encore jeune, elle fut présentée au Salon de 1874 où, le moment venu, elle remporta un succès retentissant et fut acquise par l’État français.

Son génie réside déjà dans le titre : Gloria Victis, gloire aux vaincus. Dans une composition verticale et dynamique, le sujet est adouci par la vitalité dont il l’imprègne : la Gloire semble s’envoler avec le jeune combattant comme pour l’emporter vers une heureuse immortalité. La composition est traitée dans un style néo-florentin, où la beauté des personnages pourrait presque faire oublier l’esprit de la défaite : l’esthétique l’emporte sur le sujet.

Cela explique le succès éditorial de cette collection, si ce n'est pour ses dimensions imposantes. L'expérience a montré que les amateurs de bronze du XIXe siècle boudaient les grands formats : la taille privilégiée correspondait à la moitié de la nôtre, car elle pouvait alors être « raisonnablement » placée sur un meuble, une commode ou une colonne dans les intérieurs de l'époque.

Marius-Jean-Antonin Mercié