Auguste RODIN
( 1840 - 1917 )
ESQUISSE POUR LA CATHÉDRALE (1900)
Bronze, patine brun rouge richement soutenue
H : 15 cm, L : 9,1 cm, P : 6,2 cm
Epreuve authentique signée «A. Rodin», fondue par «Alexis Rudier Fondeur Paris», à l'intérieur cachet en relief «A. Rodin» et numérotée «4/12».
Fondu en 1944
Références éditoriales (lettre Comité Rodin n°2019-5933B) :
17 épreuves fondues par Alexis Rudier entre 1927 et 1945.
Une épreuve identifiée dans les collections du Musée des Beaux-Arts de Buenos Aires.
Detailed Description
Les premiers assemblages sont apparus à la toute fin des années 1890 avec *La Main de Dieu*, qui associe la main du créateur au couple originel dans l’idée de la Création. Les assemblages de mains proprement dits datent du début du XXe siècle, probablement à la suite de Les Mains d’Amants ou Épousailles de 1904 (maquette, brique et plâtre, Paris, Musée Rodin, inv. S. 2680). L’Esquisse pour la Cathédrale suit le même principe de création, en réunissant deux mains préexistantes de l’artiste : la « Main gauche n°2 » et la « Main droite n°30 ». Sa version achevée, de plus grande taille (65 cm), fut réalisée en 1908. Elle précède une autre maquette, Le Secret (1909), considérée comme son pendant, formant ainsi un duo. Cet assemblage de mains, connu sous le nom d’Arche d’alliance, probablement réalisé en 1914, s’inspire de La Cathédrale à la suite de la publication par Rodin de son ouvrage sur Les Cathédrales de France.
L'évocation de La Cathédrale tient à la fois à la construction élancée et ascendante des mains et au vide intérieur, si cher au sculpteur, qui fait écho à l'architecture gothique des cathédrales. Au-delà de leur aspect sculptural, ces groupes – Main de Dieu, Épousailles, La Cathédrale et Le Secret – revêtent une dimension spirituelle évocatrice.
D’un point de vue éditorial, l’Esquisse de la Cathédrale est l’un des premiers modèles coulés par le musée Rodin avec l’idée d’une numérotation justifiée de douze exemplaires. Cette spécificité et cette antériorité expliquent pourquoi, fait inhabituel, la numérotation « 4/12 » figurant sur notre bronze est apposée à l’intérieur de celui-ci et non à l’extérieur, comme ce sera le cas pour les éditions suivantes. Malgré cette limitation, le nombre réel de moulages est estimé à environ 17, selon le recensement du Comité Rodin. Parmi les bronzes non numérotés figure celui acheté par Sacha Guitry au musée en août 1940. Guitry s’opposa à la proposition ultérieure du musée de numéroter les moulages.
Nous remettrons à l'acquéreur de ce bronze la facture originale du musée Rodin, établie le 11 août 1944 par le conservateur de l'époque, Georges Grappe, à l'intention de son premier propriétaire, M. Minet.
Référence muséale :
• Buenos Aires, Musée national des Beaux-Arts, inv. 7766, fonderie Alexis Rudier, 1927, sans numéro.
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