Antoine-Louis BARYE
( 1795 - 1875 )
FORÊT DE FONTAINEBLEAU
Huile sur toile
H. : 18 cm, L. : 24 cm
Signée « Barye » en rouge en bas à gauche sur la toile; au dos : cachet en cire rouge de la vente Barye, inscription au crayon «431» et cachet tampon des «Archives Signac 2015».
Provenance : Atelier de l’artiste, sa vente après décès, Hôtel Drouot, Paris, 7-12 février 1876 n°42 (145 Frs, achat Mme Barye); ancienne coll. Paul Signac et Françoise Cachin, puis par descendance.
Detailed Description
À partir de 1849, le sculpteur fréquenta régulièrement le village, nouant des liens d’amitié avec les peintres de l’École de Barbizon, notamment Camille Corot, Théodore Rousseau, Narcisse Diaz et Jean-François Millet.
Après plusieurs séjours à l’Auberge Ganne entre 1852 et 1853, il se consacra pleinement à la peinture en plein air au cœur de la forêt de Fontainebleau. À partir de 1859, il loua une grande maison au 26 Grande Rue, qu’il occupa chaque été avec sa famille jusqu’à sa mort en 1875.
Sa pratique picturale devint alors une activité régulière, presque quotidienne : la majorité de ses paysages (les Gorges d’Apremont, le Bas-Bréau), ainsi que ses célèbres représentations d’animaux sauvages intégrés dans des décors rocheux, datent de cette décennie des années 1860.
Contrairement à ses bronzes, Barye n'exposait pas ses peintures à l'huile, bien qu'il ait présenté quelques aquarelles aux Salons de 1831 et 1833 et qu'il en vendait régulièrement (peut-être par amitié, pour ne pas faire de l'ombre à ses collègues artistes du village ?). Ces huiles représentaient pour lui un moyen de détente mais, surtout, entouré de ses amis peintres, une expérimentation esthétique axée sur la lumière et les masses minérales.
L'inventaire posthume de 1875 confirme que la majeure partie de cette collection était conservée dans sa résidence de Barbizon. Ces œuvres de petit format n'ont été dévoilées au public qu'à l'occasion de l'exposition rétrospective organisée à l'École des Beaux-Arts cette même année, puis lors de sa vente posthume en février 1876, qui a dispersé 114 tableaux. Parmi celles-ci figuraient une dizaine d’études d’après les Maîtres anciens, conservées jusque-là dans les « chambres des filles » à Barbizon
Le premier tableau représentant la forêt de Fontainebleau présenté ici revêt un intérêt tout particulier : racheté par sa veuve lors de la vente de 1876, il a ensuite rejoint la collection du peintre Paul Signac. Cette provenance est d’autant plus significative que ce chef-d’œuvre dégage une luminosité singulière, dont l’influence sur le maître du pointillisme est évidente. Paul Signac admirait en effet chez Barye la « décomposition » de la lumière dans ses paysages forestiers et possédait plusieurs de ses œuvres, louant leur modernité préimpressionniste.
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