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Naoum ARONSON
( December 25, 1872 - September 30, 1943 )

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ÈVE (1910)

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Naoum ARONSON
( December 25, 1872 - September 30, 1943 )

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ÈVE (1910)

Marbre, probablement dolomitique de l’île grecque de Thasos.
H : 79,2 cm, L : 21,8 cm, P : 24,5 cm
Taille d’artiste signée «n.aronson» sur le côté gauche du rocher.
Circa 1910

Detailed Description

Né à Kraslava, en Lituanie actuelle, le 25 décembre 1872, Naoum était issu d'une famille de marchands juifs. Il commença sa formation artistique à l'Académie des Beaux-Arts de Vilnius en 1889. En 1891, il poursuit ses études à Paris à l'École nationale supérieure des arts décoratifs, où il suit les cours du sculpteur Hector Lemaire, tout en suivant des cours de sculpture d'après nature à l'Académie Colarossi. Il fréquente également l'atelier d'Auguste Rodin, qui exercera une profonde influence sur son style.
Le style d'Aronson est qualifié de « symbolisme sculptural ». Il allie le mouvement et la sensibilité, acquis auprès de Rodin, à sa propre exploration spirituelle et émotionnelle. Il accorde une grande importance au visage et aux expressions intériorisées.

Au début, la vie à Paris lui a été assez difficile. Pendant plusieurs années, il a vécu dans des conditions précaires dans le quartier de Montparnasse, où résidaient de nombreux étudiants russes, comme lui. Pour subvenir à ses besoins, il travaillait comme maçon et manœuvre.
Au début du XXe siècle, la communauté russe jouait un rôle majeur dans la vie artistique parisienne. Avec ses nombreuses associations et ses centres communautaires, le quartier de Montparnasse devint un lieu de rencontres et d’échanges artistiques, dont Naoum faisait partie. D’autres grands noms tels que Chana Orloff, Marc Chagall et même Ossip Zadkine s’y trouvaient également.

En 1897, il exposa pour la première fois à Paris au Salon de la Société nationale des beaux-arts, qui se tenait au Champ de Mars, avec *L'Au-delà*, un bas-relief en marbre, et *Portrait de M. Manoury*, un buste en plâtre. Cette exposition marqua le début de sa carrière. Aronson réalisa ensuite plusieurs commandes officielles en France. Parmi celles-ci figurait la décoration du Palais de Chaillot. Il reçut également d'autres commandes à l'étranger, notamment aux États-Unis, en Russie et même dans l'Empire prussien. Il devint célèbre pour ses bustes de grandes figures intellectuelles et politiques telles que Ludwig van Beethoven, Louis Pasteur et Vladimir Lénine. Il créa également des œuvres de plus grande envergure, comme le groupe sculpté de la fontaine de L'Offrande.

Sa participation à l'Exposition universelle de Paris de 1900, dans la section russe, lui valut une grande reconnaissance. Il retourna par la suite régulièrement dans son pays natal, notamment après la Révolution d'octobre de 1917.

En 1926, une rétrospective lui fut consacrée à la Galerie Decour à Paris. Elle présentait 75 sculptures et 54 dessins couvrant l'ensemble de sa carrière. Parmi ces œuvres figurait le buste en bronze de Tolstoï, réalisé en 1905 à la suite de leur rencontre en 1902. Cette exposition fut également l'occasion de présenter la galerie de portraits de l'artiste, comprenant notamment celui de Beethoven. Ce sujet, avec celui de Tolstoï, est le plus connu du sculpteur, reflétant les thèmes chers à son ancien collègue Bourdelle.
Il fut nommé officier de la Légion d'honneur en 1938 pour l'ensemble de sa carrière, ce qui témoigne de son influence dans le milieu artistique parisien. 

Avec l'occupation allemande en 1940, Aronson s'exila en raison de ses origines juives. Il traversa le Portugal et s'installa avec sa femme aux États-Unis, où il vécut à New York comme de nombreux sculpteurs de l'époque, tels que Zadking et Chagall. Le 30 septembre 1943, il fut retrouvé mort dans son atelier de l'Upper West Side. 

Aujourd'hui, ses œuvres sont exposées dans plusieurs institutions françaises, telles que le Petit Palais, le Musée du Luxembourg et le Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme, ainsi que dans des institutions internationales comme le Musée d'Art et d'Histoire de Genève, en Suisse, et le Musée David Yakobashvili en Russie. Bien que ces musées possèdent un certain nombre d'œuvres de notre sculpteur dans leurs collections, c'est au Musée d'art de Petah Tikva, en Israël, que l'on peut voir la plupart de ses œuvres, à la suite de deux expositions qui lui ont été consacrées en 2001 et 2017. En 1998, Genya Markon a légué des archives à la Bibliothèque de la Ville de Paris. Sa famille avait reçu cette importante collection de Luba Aronson, la nièce du sculpteur. Elle comprend un vaste ensemble de photographies et d'archives qui nous permettent de redécouvrir cet artiste resté dans l'ombre d'autres sculpteurs de son époque.
 

Naoum ARONSON