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Jean RIVIERE
Jean Rivière est un sculpteur toulousain. Fils d'ébéniste, il passe son enfance à Saint-Paul-Cap-de-Joux avant d'intégrer vers 1868 l'Ecole des Beaux-Arts de Toulouse, où il se forme à la sculpture. Durant ses études, il se noue d'amitié avec Antoine Bourdelle, Jules Jacques Labatut, et Henri Martin, ce-dernier devenant plus tard le parrain de sa fille, la peintre Hélène Rivière (1896-1977). Il enseignera la sculpture ornementale de 1890 à 1922, et défendra activement les arts décoratifs.
Son œuvre, variée, comprend des sculptures religieuses pour les églises de la région, des monuments funéraires ainsi que des reliefs décoratifs pour le Capitole de Toulouse et le Musée des Augustins. Il expose régulièrement au Salon des artistes français dès 1882 et au Salon de l'Union artistique de Toulouse à partir de 1885. Aujourd'hui, ses œuvres sont conservées dans les collections du musée du Pays de Cocagne et du musée du Vieux Toulouse.
Parmi celles-ci figure une série de quatre médaillons représentant Théodora sous les traits de Sarah Bernhardt, présentée au Salon toulousain de 1891. Depuis 1884, l'actrice incarnait l'impératrice byzantine dans la pièce éponyme de Victorien Sardou, contribuant à populariser auprès du grand public un goût marqué pour l'esthétique byzantine. Les figures de Théodora comme de Sarah Bernhardt nourrissent alors les imaginaires fin-de-siècle autour de la femme fatale. En choisissant ce sujet, Rivière s'inscrit pleinement dans les débats esthétiques et culturels de son époque, qu'il traduit à travers les ressources expressives offertes par le renouveau de la sculpture polychrome. Destinés à l'ornementation murale, ces médaillons constituent l'une de ses spécialités, comme en témoignent également ses représentations de Jeanne d'Arc ou Charles le Téméraire (1885).