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Giorgio GIORDANI
Issu d’une famille modeste d’Émilie-Romagne, G. Giordani, né en 1905, était un adolescent sensible, très proche de son frère Angelo, poète et écrivain décédé prématurément en 1933. À l’âge de 14 ans, il s’enfuit de chez lui pour rejoindre les troupes de Gabriele d’Annunzio et participa à l’expédition de Fiume. De retour chez lui, il s’inscrit à l’École des Beaux-Arts de Bologne où il obtiendra son diplôme en deux ans, au lieu de quatre. Grâce à son talent, il peut ouvrir un atelier de sculpture en 1928, où il sculpte principalement des bustes de la bourgeoisie locale.
En 1934, il participe pour la première fois à la Biennale de Venise, où son œuvre, *Groupe de danseurs*, remporte un tel succès qu’elle est acquise par le Musée d’art moderne de Rome. Sa *Pêcheuse*, réalisée l’année suivante, sera acquise par le Musée d’art moderne de la ville de Bologne. En 1936, il se voit confier la réalisation d’une importante frise en bas-relief pour le Palais du Gaz, un bâtiment moderniste conçu par les architectes A. Legnani et L. Petrucci. Elle est consacrée au cycle du gaz, de son extraction à ses usages publics et privés, mettant en avant les symboles du progrès social de l’époque, et offre à l’artiste l’occasion de représenter de nombreux corps masculins dans toutes sortes d’activités professionnelles.
Au cours des quatre dernières années de sa vie, qui s'est achevée brutalement à l'âge de 35 ans, il a encore participé à la Biennale de Venise, où il a principalement présenté des bustes d'aspect plutôt réaliste. Il faisait alors partie de l'élite intellectuelle et artistique de Bologne et est reconnu comme l'un des grands sculpteurs de son époque. Son œuvre, souvent réalisée en marbre ou en marmiglio (un mélange de marbre et de ciment), est un hymne au corps humain, masculin ou féminin, dans sa forme la plus saine, reflétant l’esthétique et l’idéologie de l’époque. Il s’inspire des sculptures grecques et romaines, en particulier pour le torse que nous présentons ici. Son atelier a été entièrement détruit avec tout ce qu’il contenait lors du siège de Bologne en avril 1945, ce qui rend cette pièce extrêmement rare, hormis les acquisitions par les musées et les bustes conservés dans des collections privées.