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Alfred BOUCHER

Alfred Boucher est né en 1850, dans un village proche de Nogent-sur-Seine. Il est initié à la sculpture par Marius Ramus chez lequel son père travaillait en qualité de jardinier. Rapidement, Ramus présente son jeune prodige à un autre sculpteur nogentais, Paul Dubois. Grace à ce dernier, Boucher obtient en 1871 une bourse qui lui permet d’entrer à l’École des Beaux-Arts à Paris et de partir ensuite pour Rome en 1877-1878. Pendant ses études, il rencontre aussi à Nogent-sur-Seine, Camille Claudel et il devient son premier professeur en sculpture.
 
Dès 1874, Alfred Boucher expose au Salon des Artistes Français où ses œuvres font sensations: Eve après la faute (médaille de 2ᵉ classe, en 1878), Vénus Astarté (1880) … Avec La Piété filiale, il est lauréat du prix du Salon de 1881 et l'État Français lui passe la commande d’une version monumentale qui sera inaugurée à Nogent-sur-Seine en 1886. C’est après un nouveau séjour à Rome qu’il conçoit ses œuvres les plus emblématiques et modernes, toutes deux acquises par l’État pour le Jardin du Luxembourg : Au But en 1886 et À la Terre en 1890. Parmi les commandes officielles pour la ville de Paris, on peut citer le Monument à Eugène Flachat (1897) et l’Inspiration pour la façade du Grand Palais (1900). 
Il joua également un rôle essentiel dans la promotion de jeunes talents étrangers, peintres ou sculpteurs, en édifiant dans la plaine Vaugirard, La Ruche, offrant à ceux-ci un toit et un espace de création pour un loyer modique. Les peintres Chagall, Modigliani, Soutine, mais aussi les sculpteurs Archipenko, Zadkine, Lipchitz y conçurent leurs premières créations parisiennes.

Aujourd’hui, au-delà de ses nombreuses commandes et achats officiels, la notoriété de Boucher tient à sa pratique virtuose du marbre. Il est connu pour être l’auteur de tailles directes en marbre et ne travaillait qu’épisodiquement avec des praticiens. L’État fit l’acquisition de trois marbres importants, celui du Repos en 1892, de la Volubilis en 1897 pour le musée du Luxembourg et de La Pensée en 1907, déposée au musée du Petit Palais. Il compose alors un nouveau monde autour du nu féminin où le corps est limpide, sensuel, fluide, où la pose fige un mouvement naturel. Il aime la complexité de la torsion des corps. En arrière-plan, ses sujets prennent une dimension universelle, avec des thématiques telle que la douleur, le souvenir, la postérité …