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Antoine-Louis BARYE ( 1795 - 1875 )

OURS FUYANT DES CHIENS (1835-1870)

Model from the penultimate catalogue, in the "Supplément" in 1870.
Bronze, richly shaded green brown patina
H : 30,8 cm, L : 43,6 cm, D : 20,8 cm
Lifetime cast signed "Barye", Barye studio - beautiful example.
Circa: 1870-1875

L’Ours fuyant des chiens est une édition fractionnée de la Chasse à l’ours du Surtout de table du Duc d’Orléans, une des deux chasses à composition circulaire de cet ensemble1.

Dans l’adaptation, Barye passe d’un rythme circulaire, qui accentue le chaos de la scène, à une composition linéaire avec axe privilégié d’observation qui la rend plus lisible. Par ailleurs, le fractionnement allège et adoucit le sujet avec une échappée possible de la proie. Dans un deuxième modèle édité à partir de cette chasse, l’Ours terrassé par des chiens de grande race, la composition reste circulaire, la lecture devient plus difficile, et l’issue du combat fatale pour l’ours.

L’adaptation se situe à la fin des années 1860 ; notre groupe a rencontré un succès éditorial certain du vivant de l’artiste alors qu’il n’existe que quelques épreuves en fonte d’époque du second. Deux autres sujets seront issus de cette chasse, un Cavalier en costume Renaissance2, dont nous ne connaissons qu’une épreuve, et le Paysan du Moyen-Âge, qui fait partie de la scène, dont l’édition est confidentielle, surtout en fonte d’époque.

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1
Le Surtout de table du Duc d’Orléans, dessiné par l’ornemaniste Claude Chenavard (1787-1838), est un ensemble foisonnant avec, en point d’orgue, cinq grands groupes de Barye dont la Chasse au tigre qui culminait au centre de la table à presque 2,50 m de hauteur. Avec à sa base quatre sous-groupes de Barye aussi, elle est flanquée de la Chasse au lion et de la Chasse au taureau sauvage. Aux deux extrémités, dans l’arrondi des bouts de table, sur des kiosques circulaires, la Chasse à l’ours et la Chasse à l’élan terminaient l’ensemble. C’est le plus grand surtout sculpté du XIXe siècle et le plus important de l’Histoire du Romantisme ; il est aussi probablement celui qui a le moins servi, deux fois seulement entre 1839, date de sa livraison aux Tuileries, et 1842, en raison de la mort accidentelle de l’héritier du Trône. Il a été démantelé à la vente de la Duchesse d’Orléans en 1853 et patiemment reconstitué dans une collection américaine à la fin du XIXe siècle. Il est aujourd’hui conservé à la Walters Art Gallery de Baltimore.
2 Le bronze « inédit »de la vente après décès de Barye, aujourd’hui dans les collections du musée du Louvre, a été acquis à cette vente par Hector Brame qui ne l’a pas édité.

Antoine-Louis BARYE