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B.-Gabriel SEURRE ( 1795 - 1867 )

MOLIÈRE seated figure  (1841)

Fontaine Molière, Paris (Visconti Arch., Seurre and Pradier sculp.)
Bronze, richly shaded green brown patina
H : 36,2 cm, L : 21,2 cm, D : 23,8 cm
Artist edition signed and dated "G.le Seurre.1843", cast by the founder of the monument statue dated 1844, "F.rie de Eck et Durand" (marked twice, shorten base).
Circa : 1843

Bernard Gabriel Seurre, dit Seurre l’Ainé,  est né à Paris le 11 juillet 1795. Il se destine très jeune aux arts puisqu’il entre à l’école des Beaux Artsà 15 ans  en 1810 dans l’atelier de Cartelieret obtient le premier Grand prix de Romeen 1818avec Chélonis implorant la grâce de son époux Cléombrote . Il est souvent confondu avec son frère cadet Charles Émile Seurre, lui aussi prix de Rome et élève de Cartelier, principalement connupour l’interprétationpleinement  louis philippienne duNapoléon en redingotequi surmontaitla colonne vendomedurant la monarchie de juillet,  et aujourd’hui conservé dans la cour des Invalides.

Bernard Gabrielexpose quelques années au Salon (1824-1831) puis reçoit principalement ses commandes de l’Etat ou des administrations publiques, ce qui lui vaut en fin de carrièreune élection à l’académiedes Beaux arts  en 1852. Il s’est principalement illustré sur le chantier de l’Arc de triomphe entre 1833 et 1836 avec les reliefs de la bataille d’Aboukir au-dessus du piédroit du triomphe de Napoléon de Cortotcôté Paris ainsi que la partie droite de la frise de l’Arc représentant le retour des armées qui orne l’entablement du côté de Neuilly et de l’avenue Kléber. Puis, ce sont essentiellement des représentations d’ Hommes Illustres, comme Molière, Diderot ou La Fontaine,  ou des sujets religieux ( plusieurs versions de la Vierge et l’enfant Jésus) qui constituent l’essentiel de son œuvre.  

D’après le répertoire des fondeurs de Bernard Metman, C’est en 1841 que les fondeurs Eck et Durand offre de fondre pour 18000frs la statue du Moliere pour la fontaine monumentale du meme nom a Paris. Celle-ci, Dessinée par l’architecte Visconti et érigée trois années plus tard,  se présente comme un réarrangement de la terminaison d’immeuble à l’angle des rues Richelieu et Molière. Deux statues de Pradier l’encadrent à la base - la poésie légère et la comédie légère – avec,en élévation, unportique surmonté d’un frontonarrondi , où un génieassis sur une guirlande de fruits distribue des couronnes. 1844 est inscrit en bronze en chiffre romain au centre de l’entablement, qui est celle de l’achèvement du monument. Une grande vasque pour recevoir l’eau à la base rappelle qu’il s’agit d’une fontaine. 
En fait, l’histoire est sensiblement plus compliquée,il y avait des difficultés de financement pour une statue de Molière etune nécessité de réalisation d’une fontaineà cet endroit là. 

Il s’agit donc d’une commande hybride une partie réglée par la ville de Paris et une autre par une souscription lancée par la Comédie-Française qui avait de la peine à aboutir. 
La galerie Terrades présentaitle plâtre original.

Notre bronzede la petite version, daté de 1843, le seul exemplaire que nous connaissons, est probablement untirage documentaire  fondu cette année là lors de la réalisation de la fontaine. Il a cette particularité d’un raccourcissement de la terrasse qui rogne la moitié des deux inscriptions du fondeur « Fie de Eck et Durand »qui atteste du caractère non éditorial de cette épreuve. Ilpeuts’agir d’une épreuve documentaire faiteà l’intention des commanditaires,en l’occurrence la ville de Paris etun groupe privé,ou alors, tout simplementpour un des protagonistes du monument.
 

B.-Gabriel SEURRE