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Paul LANDOWSKI ( 1875 - 1961 )

FAKIR AUX SERPENTS Souvenir de Voyage (Tunisie) (1903)

Salon des Artistes Francais (1908), Salon Colonial (1921)
Bronze, richly shaded black green patina
H : 50,3 cm, W : 41,2 cm, D : 27 cm
Lifetime cast signed "P. Landowski", numbered "N°9", artist edition from a edition planned at 25 examples, cast by "L.Gatti Fondeur, cire perdue"(seal).
Circa :  1910-1928

Paul Landowski, mondialement connu pour le Christ de Rio, obtient, après avoir étudié à l’Académie Julian et dans l’atelier de E. Barrias, le Prix de Rome en 1900 avec David combattant Goliath.

Il se rend alors comme tous les lauréats du Prix à la Villa Médicis où il s’installe en 1901, pour finaliser sa formation et travailler à ses « Envois ».

Dans l’effervescence de la Villa Médicis et de la Ville Éternelle, il fait un voyage en Tunisie en 1903 avec son ami Henri Bouchard : « c’est l’Antique, c’est l’Orient d’il y a je ne sais combien d’années » s’enthousiasme-t-il devant les paysages d’Afrique du Nord.

Voleur d’oranges, Paris, ancienne coll. UDB.

Le voyage est très productif pour notre jeune sculpteur qui est ébloui par les scènes qu’il découvre. Il exécute ce qu’il voit comme des « Souvenirs de voyage » avec ce Fakir aux serpents et d’autres modèles, Le voleur d’oranges, La Porteuse d’eau ou Les bédouines à la cruche. 

Ce sont pour la plupart des compositions dynamiques, études de mouvements ou représentations improbables comme ce fakir. Elles apparaissent, pour celui qui fera la carrière monumentale que l’on connaît, comme étant à part dans son œuvre.

Pour le fakir, il note dans son journal : « rassemblement autour d’un charmeur de serpents. Il s’arrête, prend dans un sac un tas de couleuvres et les met dans sa bouche, les mord. Elles se retournent, le mordent à leur tour. Il tourne, saute au son d’une discordante musique et il reste avec ses bêtes pendues à la peau, une à sa langue, et il hurle en tournant ». C’est cette scène pittoresque, bien loin de l’esprit de l’Académie de France à Rome, que le jeune sculpteur s’attache à rendre en sculpture, ce qui montre son ambition artistique.

L’artiste propose lui-même ses modèles à l’édition. Nous avons eu en référence pour le fakir un tirage potentiellement annoncé à 25 épreuves, en numérotation cumulative. Celle-ci porte l’inscription « N 9 ». Landowski avait très souvent recours à L. Gatti, qui est le fondeur de cet exemplaire. Il existe aussi des épreuves fondues par Leblanc Barbedienne [épreuve «12 », cire perdue (après 1921)] et Bisceglia, ce qui nous permet de dater la nôtre antérieurement à 1921.
 

Paul LANDOWSKI