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Henri LAURENS ( 1885 - 1954 )

LA CHEVELURE (1946)

Musée d'Art Moderne (Centre Georges Pompidou)
Bronze, richly clear brown patina
H : 34,8 cm, L : 20,7 cm, D : 20,6 cm
Example signed "HL", numbered"1/6", probably from a lifetime edition cast by "Claude Valsuani cire perdue Paris"(seal)
Circa : 1950

Henri Laurens, fils d’ouvrier, naît à Paris en 1885. Autodidacte, il s’initie presque seul au modelage et au dessin qu’il pratique dès son plus jeune âge. Il fait son apprentissage chez un tailleur de pierre pour la décoration de façades d’immeubles, tout en suivant les cours du soir du «Père Perrin», rue Turgot.

Avant de faire la connaissance de Georges Braque en 1911, Henri Laurens, influencé par Rodin, réalise ses premières sculptures. Il expose pour la première fois au Salon des Indépendants en 1913. Picasso organise une rencontre entre Laurens et Léonce Rosenberg qui, enthousiaste, lui achète quelques-unes de ses sculptures et lui organise sa première exposition particulière, en 1916.

Sans adhérer à aucun mouvement, il va dans un premier temps travailler dans la mouvance cubiste, avant de s’en détacher dans les années 20.

Son œuvre va connaître deux principales périodes, une première que l’on peut qualifier de cubiste de 1910 à 1920, où il travaille essentiellement le carton (découpage) et la pierre, puis à partir de 1920, une autre manière où dominent les formes arrondies. Il travaille alors la terre, matériau souple qui convient parfaitement à sa sculpture très construite d’où se dégage un sens de la monumentalité particulièrement présent dans ce modèle.

Personnage discret, Laurens ne connaîtra le succès qu’après la Seconde Guerre Mondiale. Son influence se fera sentir chez des artistes tels que Moore ou Lobo, et Giacometti le reconnaîtra comme un des sculpteurs les plus importants du XXe siècle.

LE MODÈLE

« Ce qui distingue les meilleurs œuvres de Laurens est l’autorité avec laquelle elles présentent des métaphores sensibles ». Cette citation extraite de l’ouvrage de Werner Hofmann correspond parfaitement à La Chevelure. Cette femme aux formes généreuses fait partie des dernières années de la production de l’artiste. À cette période, un nouveau moment semble s’annoncer, celui de la métaphore organique avec une volonté de plénitude.

En écho à la Libération, avec cette femme assise dans une représentation qui laisse pénétrer l’espace, le corps s’assouplit et déploie à nouveau l’alternance des pleins et des vides : « Il est nécessaire que, dans une sculpture, les vides aient autant d’importance que les pleins. La sculpture est, avant tout, une prise de possession de l’espace, d’un espace limité par les formes », dira Laurens en 1951.

Ce bronze présente une très belle patine brun clair mordoré qui souligne les formes douces du modèle. Il s’agit du premier exemplaire d’un tirage justifié à six épreuves, par le fondeur Claude Valsuani, signé du monogramme et revêtu de l’estampille « Bronze », marque qui n’est pas courante après la Seconde Guerre Mondiale.
 

Henri LAURENS