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Henri LAURENS ( 1885 - 1954 )

FEMME AU COMPOTIER (1920)

Pinkish terra cotta, natural patina.
H : 36,8 cm, W : 12,4 cm, D : 8,2 cm
Lifetime example signed with the usual monogram "H.L.", Simon Gallery label, from an edition planned at 10 examples.
Before 1941

Henri Laurens, fils d’ouvrier, naît à Paris en 1885. Autodidacte, il s’initie presque seul au modelage et au dessin qu’il pratique dès son plus jeune âge. Il fait son apprentissage chez un tailleur de pierre pour la décoration de façades d’immeubles, tout en suivant les cours du soir du «Père Perrin», rue Turgot.

Avant de faire la connaissance de Georges Braque en 1911, Henri Laurens, influencé par Rodin, réalise ses premières sculptures. Il expose pour la première fois au Salon des Indépendants en 1913. Picasso organise une rencontre entre Laurens et Léonce Rosenberg qui, enthousiaste, lui achète quelques-unes de ses sculptures et lui organise sa première exposition particulière, en 1916.

Sans adhérer à aucun mouvement, il va dans un premier temps travailler dans la mouvance cubiste, avant de s’en détacher dans les années 20.

Son œuvre va connaître deux principales périodes, une première que l’on peut qualifier de cubiste de 1910 à 1920, où il travaille essentiellement le carton (découpage) et la pierre, puis à partir de 1920, une autre manière où dominent les formes arrondies. Il travaille alors la terre, matériau souple qui convient parfaitement à sa sculpture très construite d’où se dégage un sens de la monumentalité particulièrement présent dans ce modèle.

Personnage discret, Laurens ne connaîtra le succès qu’après la Seconde Guerre Mondiale. Son influence se fera sentir chez des artistes tels que Moore ou Lobo, et Giacometti le reconnaîtra comme un des sculpteurs les plus importants du XXe siècle.

LE MODELE

La Femme au compotier fut réalisée à l’origine en pierre. Sur une base rectangulaire, Laurens superpose différents plans pour aboutir à une sorte de haut-relief dont la lecture, de la droite vers la gauche, part d’une abstraction géométrique sans référence à la réalité pour s’achever, après différentes lectures, sur un profil où se distingue plus qu’un visage de femme, comme un masque, et plusieurs formes, qui font penser à un sarcophage égyptien.

De face, nous voyons très librement interprété, le corps de la femme aux membres étirés dont les deux mains tiennent un compotier dans lequel on devine des fruits. C’est une œuvre réfléchie qui ne doit rien à l’improvisation. Les lignes, tantôt droites, tantôt courbes, forment des volumes géométriques, pyramides, cubes, parallélépipèdes… Les lignes droites projettent la sculpture vers le haut, à la façon d’une stèle, tandis que les rondes lui donnent de l’épaisseur. De très rares indications figuratives : un œil, une bouche, les deux seins, l’étoffe froissée sur la manche du bras gauche, suffisent à indiquer le personnage.

Laurens produit alors des réductions en terre cuite de certaines œuvres réalisées en pierre avant-guerre. Il s’agit de tirages, plus abordables financièrement. Il répond ainsi à une demande d’une nouvelle clientèle, intéressée par son travail et moins aisée. Sa manière s’adapte au matériau. Les lignes s’assouplissent et la figuration est plus marquée, surtout de face ; mais la Femme au Compotier appartient encore par sa stylisation et la rigueur de ses lignes à la période cubiste.
 

Henri LAURENS