Alternate Text

François POMPON ( 1855 - 1933 )

PANTHÈRE NOIRE oreilles couchées 

or "Panthère mouchetée,oreilles couchées."[?]
Dark ink on tracing paper, pencil mark pointers, glued on paper.
H : 47 cm, L : 66,5 cm
Signed twice with cursive writing "Pompon"  and " F.Pompon" on the lower right corner; marked on the back  "Exposition Rétrospective Pompon, Musée des Beaux-Arts,1964, Dijon, n° 236 du catalogue", Provenance : collection Courty.
Circa 1927

Les dessins sont rares dans l’œuvre de Pompon, hormis quelques études et documents préparatoires (parfois cotés) de petites dimensions et ceux des petits carnets de poche plus réduits encore d’environ 8 cm par 14cm.

En compilant les bases de données internet et le catalogue raisonné Gallimard Electa de 1994, il apparaît que notre lavis de Panthère Noire oreilles couchées est à ce jour, avec un grand fusain de Sanglier(1925)[1]du legs Pompon (ill. ci-contre), une des deux œuvres graphiques les plus abouties de l’artiste.

Au vu de ses dimensions, il pourrait s’agir d’une étude pour une taille directe, peut-être un bas-relief, qui n’a apparemment pas été réalisée. Seul un autre relief de plus petites dimensions a été commencé en pierre calcaire blanche sans être achevé[2]. Peut-être l’artiste a-t-il voulu aussi fixer par un dessin du profil ce qu’allait rendre sa Panthère noire en bronze sur terrasse dans les dimensions de 27 cm sur 63 cm², avec une hésitation entre Panthère mouchetéeet Panthère noire par le travail de la robe. 

Quoiqu’il en soit ce dessin, dont nous ne connaissions pas de reproduction photographique, a fait partie de la rétrospective Pompon du Musée des Beaux-Arts de Dijon en 1964, où il a été rajouté en supplément au catalogue, qui peut être le signe d’une découverte récente. Et par ailleurs, elle vient de la collection d’Edmond Courty (1896-1972) ; celui-ci, collectionneur reconnu à l’échelle nationale et internationale comme un amateur éclairé[3], était entrepreneur lui-même et il se trouve qu’il a construit le bâtiment des ateliers d’artistes en béton art-déco au 23, rue campagne première. C’était une rue d’artistes et d’ateliers, celle où vivait et travaillait Pompon au numéro 3 depuis 1877, et où se rencontraient notamment, Modigliani, Giacometti, Kandinsky, Miro, Picasso, Foujita...

Il est bien probable qu’il en ait ainsi fait l’acquisition directement à l’atelier, d’autant plus que c’était aussi lui le propriétaire du Canard appelant (1884) (ill. ci-contre) qui, à notre connaissance, n’a été exposé par l’artiste, ni au Salon ni dans une exposition, et que nous avons eu la chance d’acquérir à une des ventes après décès de ce collectionneur. 


[1] Fusain et rehaut de craie blanche et d’aquarelle sur papier brun, modèle pour le relief de la pergola de la Douce France, 1933, legs Pompon.

[2] Il existe aussi une Petite panthèreen pierre lithographique, taillée en 1928.

[3] Sa collection de sculptures du XVIIIesiècle, comptait parmi une des plus importantes de l’époque, avec des œuvres de Houdon, Pajou, Clodion ou encore Chinard ; elle a donné l’occasion de deux ventes à l’Hôtel Drouot le 9 décembre 2002 et le 13 juin 2003.
 

François POMPON