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Armand PETERSEN ( 1891 - 1969 )

ANTILOPE DOS ROND

Bronze, richly shaded dark brown patina
H : 20,8 cm, L : 18,8 cm, D : 7,8 cm
Artist edition signed "A. Petersen".
Circa :1940

1927, 1928 et 1929 sont des années de grande création pour Armand Petersen qui explore un sujet nouveau pour lui, les antilopes — couchée, sans corne (1927), broutant (1928), dos rond (1928), Guib ou Kob (1929).

C’est lors de sa première participation à l’exposition «Animaliers» de la Galerie Brandt du 15 novembre au 15 décembre 1927 et de son exposition personnelle au Palais des Beaux Arts de Bruxelles en décembre 1928 que les critiques d’art et les amateurs découvrent ces nouveaux modèles d’antilopes, pleines de grâces. Cet animal isolé avait auparavant séduit Rembrandt Bugatti au zoo d’Anvers en 1906, Antilope. Il le traita aussi sous forme de groupe de deux ou trois spécimens à partir de 1911, Trois antilopes goudous.

L’Antilope dos rond de Petersen témoigne de cette élégance où les rondeurs du dos, du crâne, des oreilles de l’animal contrastent avec les lignes tendues des pattes, longues et fluettes. À la différence de Pompon, on retrouve souvent chez Petersen cette idée d’une certaine tension dans les lignes qui viennent souligner un mouvement, une attitude comme celle de l’Antilope couchée sans corne de 1927, tête tournée vers la droite ou de l’Antilope broutant de 1928, pattes écartées et cou tendu vers le sol.

Bien que la comparaison ne puisse être faite sujet à sujet étant donné l’absence d’antilopes dans l’œuvre de Pompon, on perçoit dans le rendu lisse de Petersen une stylisation moins poussée. Les antilopes de Petersen, souvent têtes tournées, semblent être surprises et portent directement leur regard sur ceux qui viennent momentanément perturber leur quiétude. René Brécy écrira à propos de cette antilope dans le journal L’Action Française en 1929 : «L’antilope craintive est un petit chef-d’œuvre ciselé avec tant de tendresse que toute la vie de cette petite bête s’y montre touchante et vraie».

Comme nous l’avons vu, Petersen choisit d’adapter souvent ses créations dans des formats différents. L’Antilope dos rond qu’il expose aussi à plusieurs reprises en 1929 et en 1933 fut produite en bronze dans au moins deux tailles, celle ici présentée et un exemplaire, sans doute unique fondu à la cire perdue par Bisceglia, d’une hauteur de 42 cm. La documentation manuscrite de l’artiste fait aussi référence à une éventuelle troisième dimension plus petite, de 16 cm de haut dont on ne connait pas d’épreuve en bronze.

Notre épreuve a été fondue suivant le procédé de la fonte au sable, probablement assez tôt dans l’édition de ce modèle, car nous n’avons eu qu’un autre exemplaire de ce sujet dans cette dimension, portant pour unique marque, la corne d’abondance de la ville de Bâle.

Armand PETERSEN