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Armand PETERSEN ( 1891 - 1969 )

LE LAMA (1937)

Bronze, richly dark brown patina
H : 35,3 cm, L : 9,2 cm, D : 20,5 cm
Lifetime cast signed "A.Petersen", artist edition, perhaps or probably unique (then the one exhibited at Galerie Malesherbes, n°50, 1937, "Les Animaliers") cast by "Bisceglia Cire perdue" (seal).
Circa : 1937

Armand Petersen nait le 25 novembre 1891 à Bâle en Suisse. Il se forme tout d’abord à l’École d’Arts Industriels à Genève, dans la classe d’orfèvrerie et de ciselure. La guerre contrarie ses projets d’installation à Paris en 1914. Il décide alors de rejoindre l’atelier du sculpteur hongrois, Bêla Markup qui l’initie à la sculpture animalière, née de l’observation d’animaux exotiques au parc zoologique de Budapest.

En 1924, soit deux ans après la révélation d’un nouvel art animalier incarné par l’Ours Blanc de Pompon, il rejoint Paris avec une première sculpture, un grand Chien danois, portrait de Rex (1923).

Dès 1926, il étudie à la fauverie du Jardin des Plantes avec de jeunes artistes qui suivent la voie et l’expérimentation de Pompon. Ils se réunissent et forment en 1931 le Groupe des Douze parmi lesquels figurent Artus, Guyot, Hernandez, Jouve … en rupture avec l’approche académique d’artistes comme Gardet.

À partir de 1927, les contours de son art sont déjà clairement définis. Cette année-là, il présente à la première exposition animalière de la Galerie Brandt un Groupe de Canards, très expressif. Bon nombre de ses modèles d’antilopes, d’éléphants, d’oiseaux, d’animaux aquatiques, de fauves naissent sur une très courte période qui va de 1927 à 1933, tel et si bien que la revue Art & Décoration lui consacre un long article personnel en janvier 1933, sous le titre, «Les animaux de Petersen».

C’est aussi sur cette période qu’il entre en relation avec la manufacture de Sèvres en leur déposant tout d’abord trois plâtres en 1928 avant d’établir avec eux un partenariat de longue durée, suivant ainsi la voie ouverte par son ami Édouard-Marcel Sandoz dès 1921.

La mort de Pompon en 1933, ainsi que les difficultés économiques des années qui suivent, provoquent chez Petersen un net ralentissement dans la fréquence d’apparition de nouveaux modèles. Le Jeune Dromadaire, le Jeune Zèbre, le Lama font figure d’exception en 1937. Le renouveau se fait réellement au milieu des années 50 et au début des années 60 avec des sujets originaux de taureaux (Taureau de combat, Tête de taureau, Tête de veau d’or), une revisite de certains animaux traités les années précédentes, et une volonté exprimée de plus de monumentalité en proposant des agrandissements (Grue cendrée, 1930, revisitée en Demoiselle de Numidie, 1952-1956). Dans cette perspective, apparaissent également les premières commandes officielles, comme celle du 21 juillet 1954, d’un Grand Chevreuil actuellement à Louviers.

Armand Petersen décède sans descendance en septembre 1969.

Armand PETERSEN (1891-1969) maquette catalogue DA.indd 93 21/10/2021 14:53:38 94

L’année 1937 apparait comme celle d’une reprise d’activités créatives pour Petersen. C’est aussi l’année de l’Exposition Universelle qui se tient à Paris. L’artiste commande des socles pour huit œuvres différentes. On retrouve alors un besoin de volumes et de rondeurs exprimé dans l’art du sculpteur, avec de nombreuses similitudes entre le Jeune dromadaire, esquissant un mouvement, le Lama et la nouvelle version de l’Hippopotame qui connait un agrandissement. Seul le Jeune Zèbre se démarque au milieu de cet ensemble cohérent. Des animaux très originaux apparaissent dans l’œuvre du maître et l’on note cette prédilection dont témoigne les titres pour traiter de jeunes animaux.

Son Lama bien campé sur ses pattes avant, oreilles dressées, est remarqué par Gaston Derys qui en fait l’éloge lors de sa visite commentée de l’exposition des Animaliers à la Galerie Malesherbes en 1937: «Les animaux de Petersen sont spirituels et judicieusement étudiés. Ils se vêtent de patines somptueuses. Le Lama nous a particulièrement séduit.» (Mobilier & Décoration, janvier 1938, p.30). Le Lama y côtoie les œuvres d’Artus, de Lemar, de Prost, et de Sandoz qui y présente un Groupe de chamois.

À ce jour, nous n’avons répertorié aucune autre épreuve en bronze du Lama, fondu du vivant de Petersen par Mario Bisceglia. Il existe une édition posthume de ce modèle, justifiée à huit exemplaires. Nous sommes avec Petersen, Artus et Pompon dans des éditions très limitées du vivant de ces artistes, tout particulièrement dans les cas où elles ont été voulues par les sculpteurs hors contrat d’édition, avec des fondeurs comme Valsuani, Meroni-Radice ou Bisceglia. Dans ce contexte, notre Lama est probablement celui exposé à la Galerie Malesherbes en 1937, fondu pour la circonstance.

Armand PETERSEN