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Christophe FRATIN ( 1801 - 1864 )

TIGRE ET SERPENT 

Probably "Tigre combattant un Boa (sale in 1862)"
Original terra cotta, stamped "Fratin"
H : 12,2cm, W : 17,5cm, D : 9,8cm
Four models in the Fratin sales between 1850 and 1864 (Tigre dévorant un serpent,Tigre et serpent,Tigre et serpent (sketch),Tigre combattant un Boa (n°17 from the Fratin sale, May 10th 1862 [ Fratin purchase, 56 F], unique piece without edition)
Circa : 1850-1864

Précurseur de l’art animalier au XIXe siècle, C. Fratin connaîtra le succès de 1830 à 1845. Sa réussite le conduit à emprunter des sommes importantes, pour investir dans la réalisation très coûteuse de chefs modèles en bronze pour éditer lui-même ses oeuvres. Ses absences au Salon, où il est refusé en 1836, 1837 et 1840, et la crise économique, qui sévit à partir de 1845, pour aboutir à la Révolution de 1848, le conduisent progressivement à la faillite.

C’est en 1849 que, pour la première fois, le sculpteur procède à la vente de terres cuites originales avec droits de reproduction : 103 sont dispersées en vente publique en juillet 1849. Ses chefs modèles en bronze sont ensuite proposés avec droits de reproduction lors de deux ventes publiques en octobre 1851 et février 1852.

L’artiste ne dispose plus d’aucune source de revenus et malgré deux commandes importantes de l’État et de sa ville natale, sa situation financière n’arrêtera pas de se dégrader. La plupart des éditeurs qui travaillent avec lui vont acheter ses modèles afin de les reproduire.

Le 13 mars 1856, Mme Fratin qui est gérante de la société ne peut plus faire face à ses créances. Elle est mise en faillite et ses biens sont saisis; les scellés apposés sur la porte de l’atelier et de leur appartement. Elle-même est incarcérée dans une maison d’arrêt. Une vente de 98 terres cuites réalisée le 3 mai de la même année n’avait pas réussi à sauver la situation.

Désormais Fratin et son épouse vont connaître une grande misère jusqu’au décès de l’artiste le 16 août 1864. Afin de survivre, l’artiste se voit contraint de réaliser chaque année une vente de terres cuites, avec droits de reproduction. Il y en aura 6 en tout au cours desquelles seront dispersées plus de 600 modèles.

Les sculptures en terre, toutes originales, avaient pour intérêt d’être peu coûteuses pour l’artiste. Ces pièces, qui ne se souciaient pas du réalisme, sont très appréciées des collectionneurs, des marchands et des éditeurs, qui se les partagent lors de ces ventes annuelles.

Les terres que nous présentons ici appartiennent à ces séries ; ainsi, le Tigre et serpent pourrait être le n°51 de la vente du 19 mai 1853 .

Christophe FRATIN