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Charles Artus ( 1897 - 1978 )

GRANDE PANTHÈRE  (1931, ou avant)

Soc A.D (Paris, Grand Palais, 1931), Groupe des Douze ( Paris, Hotel Rulmann 1932)
Bronze, tichly shaded dark brwon patina
H : 25,5 cm, L : 68,2 cm, D : 10 cm
Artist edition signed "Ch Artus", with the monogram "CA", only few lifetime casts identified ; this one, with a surprising reserve of gold patina on the front side of the profile, could be a good candidate to be the one exhibited at the Société des Arts Décoratifs at the Grand Palais in 1931 or that one at the "Groupe des Douze" in Rulhmann's Hotel in 1932.
Circa : 1930-1935
 

Parmi les sculpteurs animaliers du XXe siècle, Charles Artus est un de ceux dont le corpus des œuvres est des plus restreints. Une des raisons en est peut-être que, contrairement aux Sandoz, Guyot, Bugatti, Godchaux, Becquerel et Prost, il n’a pas signé de contrats avec les éditeurs à diffusion puissante - et souvent sans limitation de tirages- comme Susse, F. Barbedienne ou A.A. Hébrard. Il a seulement travaillé avec quelques Galeries ou décorateurs, et encore d’une manière très confidentielle, moins développée notamment que Petersen ou Pompon, sans que la raison en soit réellement connue[1].

 Le modèle de la Grande Panthère est un des seuls fauves de la collection qui comporte surtout des oiseaux et volatiles (Coureur indien, Canard, Coq, Nandou, etc). Il en est aussi un des plus imposants par les dimensions, et Artus suit en cela la ligne de Pompon, qui, depuis le succès de l’agrandissement de l’Ours blanc au Salon de 1922 a fait croitre en dimensions son bestiaire au fil des années. Cette étude apparaît pour la première fois au Salon des Artistes Décorateurs à Paris au Grand Palais en 1931. Puis, elle fait partie de l’exposition du « Groupe des 12 » qui se tient à l’Hôtel Ruhlmann en 1932 où on la distingue très clairement sur un document photographique de l’époque.

La Grande Panthère en bas à droite, à l’Hôtel Ruhlmann.

L’épreuve que nous présentons ici est une des quatre que nous avons répertoriées au cours des trente dernières années. Il s’agit d’une épreuve fondue au sable signée « CH. Artus » et revêtue de la marque « CA». Elle présente aussi la particularité d’un effet de patine « poli doré » sur le profil vertical de la terrasse en regard de la signature. Cette spécificité, que nous n’avons pas relevée sur d’autres bronzes, fait du nôtre un bon candidat pour être un des exemplaires exposés aux manifestations évoquées ci-dessus.


[1] Un bronze produit par Artus est donc rare, ce qui ne doit pas être occulté par les éditions posthumes engagées dans les trente dernières années.
Les épreuves de son vivant sont le plus souvent des tirages d’artiste, ce qui signifie ici que l’artiste est intervenu dans les opérations de ciselures et patines notamment, un avantage pour la qualité des épreuves, et aussi certainement aussi pour en diminuer le prix de fabrication. L’inscription « CA » pourrait en être la marque comme le cachet bâlois pour Petersen ou l’empreinte digitale du pouce pour Alberic Collin.
 

Charles Artus