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François POMPON ( 1855 - 1933 )

COSETTE Salon, 1888, U. E. 1889 (plaster, V.Hugo Museum). 

Salon, 1890 (bronze) ; Salon, 1898  & Universal Exibition 1900 (marbre)
Bronze, richly shaded clear brown patina.
H. : 80,5 cm, W. : 35 cm, D : 23,5 cm
Lifetime cast signed "Pompon", titled "Cosette",old edition and cast by "Siot Decauville fondeur" (seal and "3737"), only example identified for the first reduction, one for the original size and 4 for both small reductions together.
Circa : 1893

Né à Saulieu en 1855, Pompon témoigne d’un goût et d’un talent précoce pour la sculpture puisque, remarqué par le curé de sa ville natale qui lui obtient une bourse, on le retrouve à Dijon à l’âge de quinze ans où il suit en architecture, en gravure et en sculpture, les cours du soir de l’École des Beaux-Arts. Pour assurer son quotidien, il travaille comme apprenti-tailleur chez un marbrier funéraire.

Après la guerre de 1870 et la commune de 1871, l’économie française est en panne, et Pompon échoue à obtenir une nouvelle bourse qui lui permettrait de continuer d’étudier la sculpture, mais à Paris cette fois.

Qu’à cela ne tienne, il rejoint quand même la capitale en 1875, et grâce à sa volonté et à son talent de tailleur de pierre, il trouve un emploi d’ouvrier-marbrier dans une entreprise funéraire non loin du cimetière Montparnasse.

Il suit à nouveau des cours du soir dans une école d’art - cela sera cette fois la Petite École - où se sont formés avant lui Carpeaux, Dalou, Charles Garnier et Rodin etc.

Dès 1878, il envoie régulièrement au Salon, portraits, bustes et figures, jusqu’aux premières années du XXe siècle. Parmi ses oeuvres de l’époque, la Cosette de 1888 est sa plus importante figure, la plus souvent exposée et la seule éditée, dont il pense qu’elle va être le coup d’envoi de sa carrière. Mais hélas, il n'arrive pas à l'imposer malgré des efforts pendant une dizaine d'années.

Il est surtout praticien pour ses confrères. La pratique de la sculpture devient alors son lot quotidien et occupe l’essentiel de son énergie jusqu’à l’âge de soixante ans révolus. Homme simple et d’un naturel heureux, Pompon se satisfait de cette situation. Il travaille ainsi pour des académiques comme Falguière, Puech et Mercié, et aussi pour Camille Claudel dont il taille la périlleuse Vague en onyx et le Persée en marbre. Et surtout, car il est un excellent assistant, il œuvre pour Rodin qui le réclame et dont il devient chef d’atelier en 1893. Mais Rodin est compliqué, paye peu et mal, Pompon s’échappe donc pour aller chez Saint-Marceaux, des champagnes du même nom à Reims. Celui-ci l’emploie jusqu’à sa mort en 1915 et il entretient d’excellentes relations avec le couple Saint-Marceaux, puisqu’il est reçu chez eux à Cuy avec sa femme Berthe. Et c’est à Cuy et dans ses environs, qu’au tournant du siècle, il prend l’habitude d’observer très attentivement les animaux de basse-cour, ce qui va influer sur le cours de sa carrière et l’amener à se tourner vers l’Art animalier.

Cosette est montrée grandeur nature, d’abord en plâtre, au Salon des Artistes Français (1888) puis à l’Exposition Universelle l’année suivante. Elle réapparaît, en bronze cette fois, au Salon de 1890 (une seule épreuve répertoriée dans cette taille et non localisée aujourd’hui) comme appartenant aux fondeurs Siot et Persinka, ce qui suggère un début de l’édition à ce moment. Conscient alors que Cosette peut s’imposer, Pompon veut la réaliser en marbre, pour la proposer à l’État français. Ce dernier lui signifie alors son refus par trois fois malgré les appuis politiques du député et du sénateur de sa ville natale, et les recommandations artistiques de ses employeurs.

Qu’à cela ne tienne encore, avec le produit de ses pratiques, il achète le bloc de marbre à ses frais, et envoie son épreuve au Salon des Artistes Français (1898) puis à l’Exposition Universelle, l’année suivante.

Malgré ce pedigree riche, et les dix années d’action de Pompon, le marbre n’est pas acheté par l’État et l’édition en bronze par Siot Decauville est un échec. On est injuste avec Pompon car la Cosette présente déjà avec sa composition hélicoïdale, ce qui fera son succès en animalier, « c’est le mouvement qui crée la forme ».


 

François POMPON