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François POMPON ( 1855 - 1933 )

POULE D'EAU (1923-1932)

Naturalistic base.
Bronze, richly shaded brown patina.
H : 25,8 cm, L : 28,9 cm, P : 12,2 cm
Artist edition signed "Pompon" numbered "18", cast by "C.Valsuani cire perdue"(seal), purchased by the Saint Louis Gallery, Grenoble, founded in 1926 by Joseph Laforge.
Probably the example cast in 1926


 

Né en 1855, Pompon est un sculpteur dont le déroulement de la carrière a été très original dans l’Histoire de l’Art car il a été essentiellement praticien pour ses confrères (Rodin, Claudel, Saint Marceau, Mercier etc.) jusqu’à un âge avancé, jusqu’à la Première Guerre Mondiale. Ses sculptures de figures, régulièrement exposées au salon, n’avaient pas rencontré encore de succès. 
Il faut attendre 1906 avec l’exposition de la Poule Cayenne au salon par l’éditeur Hébrard pour voir apparaître le Pompon tel qu’on le connaît ; le succès n’est pas pour autant venu rapidement puisqu’il a vendu moins d’une trentaine de bronzes animaliers jusqu’en 1918. En fait, c’est grâce à l’exposition de l’Ours polaire et de l’ensemble assez complet de ses œuvres au Salon d’Automne en 1922 que sa carrière de sculpteur animalier se développe enfin, à l’âge de 67 ans d’une manière foudroyante.  Il est devenu immédiatement reconnu par ses pairs comme le chef de « l’école du lisse », jusqu’à sa mort en 1933. 
 Lorsqu’il était dans l’atelier de Rodin,  il avait été très impressionné par le Balzac dont il a fait des commentaires très élogieux auprès de ses confrères. Il se trouve, qu’en sculpture animalière, il appliquera les préceptes du  maître de Meudon  : simplification, abstraction de la forme, les refus de l’anecdotique.
C’est exactement ce qu’il décrit quand il explique sa méthode à ses élèves :      
« Le mouvement crée la forme, je représente l’animal avec tous ces falbalas pour le simplifier », voilà en substance, l’essentiel de sa démarche. Celle-ci est non réductrice, car la surface du lisse est animée de mouvements, incisée de creux et enrichie de reliefs (voir l'illustration ci-dessous).  La Poule d´eau illustre parfaitement les recherches simplificatrices de Pompon qui conserve néanmoins toute la substance de l’animal et son caractère naturaliste, et elle est considérée avec le Perdreau rouge comme un de ses plus beaux modèles. 
 












L'EDITION

L’artiste est resté éditeur de ces petites bêtes comme il le disait lui-même, sauf de quatre modèles donc celui-ci est la pintade, fondu par la galerie À.A. Hébrard qui lui a consacré sa première exposition personnelle en 1919. Après, il travaillera avec de nombreuses galerie, vendant ou mettant ses œuvres en dépôtGérant sa carrière lui-même ; il lui de nombreux dépositaire à Paris et dans le centre de la France, notamment Saint-Étienne Grenoble et Lyon.
En 1924, Joseph Laforge fonde la Galerie Saint Louis, à Grenoble, 5 rue Félix Poulat. Il exposera Jongkind, Zadkine et donnera de nombreuses œuvres de Bonnard, Carrand au musée de Grenoble. 

L'EPREUVE

Cette épreuve, numérotée « 18 » est très instructive sur le plan éditorial car elle est à rapprocher de la note que l’on trouve - une seule fois en 1924 - à l’attention de la Galerie Laforge dans le cahier de comptes de Pompon « les tirages seront limités à 20 exemplaires ». De fait, il doit exister une trentaine d’épreuves de ce modèle ; ceci est donc la preuve que Pompon ne souhaitait lui-même pas la numérotation des tirages dans ses éditions propres, mais que parfois, à la demande expresse de la Galerie, il pouvait numéroter sans pour autant justifier (dans le cas présent, 18/20),c’est-à-dire s’imposer une quelconque  limitation ; Rodin, Bourdelle et d’autres sculpteurs animaliers avaient la même position. Nous n’avons identifié dans notre carrière que quelques épreuves numérotées de Pompon, moins de dix tout modèles confondus. 

François POMPON