Alternate Text

Charles Artus ( 1897 - 1978 )

FREUX DES MOISSONS

Salon de 1932 (bronze, No 39)
Bronze, richly shaded black patina.
H : 32,5 cm, L : 31,5 cm, D : 18,5 cm
Artist edition signed "Ch.Artus", lost wax cast by "Andro Fondeur Paris" (mark), beautiful example and a good candidate to be the example exhibited at the Salon.
Circa : 1932


 

Élève d’Edouard Navellier (1865-1944), ce sculpteur très doué présente ses premières œuvres animalières Étude d’un barzoï en 1920 au Salon d’Automne, et au Salon des artistes français en 1921 avec une Oie endormie. Il quitte rapidement l’atelier de Navellier, trop réaliste à son goût, et dont l’influence ne se fera guère sentir dans son travail, pour rejoindre François Pompon (1855-1933). Artus est attiré par le style de ce dernier, tout en volume avec des lignes stylisées, dont la manière lisse qui favorise le volume sur le réalisme convenait davantage à son tempérament. Il restera fidèle à ce style durant toute sa vie.
En 1931, il rejoint les artistes animaliers regroupés autour de Pompon au sein du “ Groupe des 12”, avec lesquels il exposera au Salon des Animaliers organisé chez Ruhlmann. Comme la plupart des artistes animaliers de son époque, il va connaître un grand succès durant l’entre-deux-guerres avec la vogue de l’Art Déco. En 1920, il se fait construire un atelier à l’arrière de la Villa Bligny à Étretat, dans laquelle il se retira définitivement vingt ans plus tard, afin d’y travailler et présenter ses œuvres.
Artus se spécialise dans la représentation de petits animaux domestiques, notamment les oiseaux, qui se prêtent particulièrement bien à la stylisation. Il participe à de nombreux salons, comme le Salon des animaliers, le Salon des indépendants, le Salon d’Automne de 1920 à 1935, le Salon des artistes Français de 1921 à 1927 où il obtient une mention honorable en 1922 et une médaille de bronze en 1926

NOTRE MODÈLE

Le “Freux des moissons” est un corbeau vivant dans le Nord de la France, que l’artiste pouvait probablement voir au quotidien dans sa ville natale. Cette épreuve est un parfait exemple du savoir-faire d’Artus qui a représenté avec brio le freux, qui semble prêt à se mouvoir d’un instant à l’autre. Grâce à une association recherchée de courbes stylisées et épurées, l’oiseau s’anime, exalté par des jeux de lumière miroitants sur la patine noire comme sur son plumage.
Fortement influencé par Pompon, Artus représente ses sujets avec des lignes simples mais puissantes. Comme dans les plus beaux Pompon, la qualité vient du soin apporté aux reliefs et aux creux du modelé particulièrement notable ici dans le dessin du globe oculaire et la découpe des ailes. La technicité à l’œuvre dans ce modèle est vraisemblablement la raison pour laquelle, elle fut choisie pour être présentée lors du Salon de 1932.

C’est la première fonte Andro, fondue à la cire perdue, que nous rencontrons ; en, effet ce fondeur est plus communément connu pour ses fontes au sable, comme le Grand Cerf de Pompon produit dans ces années. Nous avons signalé cette particularité à Elisabeth Lebon, spécialiste des fondeurs XIXème-XXème, qui répertorie néanmoins un cachet cire perdue de la veuve Andro.

Un exemplaire en plâtre de notre modèle, donné par l’artiste en 1960, est conservé au Musée International de la Chasse au Château de Gien. Dans le catalogue de l’exposition Animaux, publié 1999, il est daté 1935 (?), contrairement à l’état actuel des connaissances sur le sculpteur.
 

Charles Artus