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J. MARTEL ( 1896 - 1966 )

PIGEON BOULANT  (1925)

Beige Chassagne stone
H : 29,2 cm, L : 24,7 cm, D : 15,8 cm
Direct carve signed "J-Martel"; provenance : artists' family.
Circa : 1925-1935

Joël et Jan Martel, sont des frères jumeaux qui ont travaillé et évolué ensemble toute leur vie durant dans une recherche de formes stylisées, conciliant le respect d’un certain naturalisme et le développement d’un cubisme naissant au début des années 20. Dans une démarche scientifique et collaborative, ils s’inscrivent rapidement dans le mouvement dit Art Déco qui lie les arts du dessin, de la sculpture et de l’architecture. A ce titre, ils font partie en 1929 des membres fondateurs de l’Union des Artistes Modernes, aux côtés de l’architecte Robert Mallet-Stevens qui générera pour eux de nombreux chantiers, et leur construira leur espace de création, l’atelier du 10 rue Mallet-Stevens dans le 16ème arrondissement de Paris. Dans cette démarche qui lie le matériau à l’architecture, ils n’hésitent pas à multiplier les supports en donnant à leurs sculptures la force de la pierre, la chaleur et la souplesse du bois ou la brillance de la porcelaine avec leurs réalisations dans ce matériau fabriquées par la Manufacture de Sèvres dès 1925 (Chat assis, 1925).

1925 est une date charnière dans les fondations de leur art. C’est l’année de leur participation à l’Exposition des arts décoratifs et industriels moderne de Paris à l’occasion de laquelle ils présentent leurs nouvelles créations animalières qui va du Chat assis à leurs travaux concernant le sujet du pigeon, avec l’apparition d’un Pigeon à queue plate et du Pigeon boulant.

L’esthétique des Martel est déjà bien affirmée dans ce Pigeon boulant aux antipodes du Pigeon Nicolas, exposé par Pompon en 1926. On ressent tout de suite le travail quasi scientifique du dessin qui préfigure la matière sculpturale. Les lignes droites de sa queue en panache sont autant de lignes de force rayonnantes. Comme dessiné au compas, le volume du cou bombé à l’extrême de cet oiseau familier répond à l’évidement de sa queue en arc de cercle. La recherche du nombre d’or et de la proportion idéale sert ici parfaitement l’émergence des volumes géométriques. Ces plans, ces courbes, ces rondes bosses donnent une résonance à la lumière qui en souligne d’autant mieux les volumes.

Nous connaissons quelques rares bronzes de ce modèle en tirage d’époque. La taille directe en pierre que nous présentons provient de la famille des frères Martel.


 

J. MARTEL