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J.L Ernest MEISSONIER ( 1815 - 1891 )

LE GÉNÉRAL DUROC A CASTIGLIONE (1890)

Bronze, richly dark brown patina
Haut : 53,6 cm, Long : 51,3 cm, Prof : 18,5 cm
Authentic cast by Bingen (sand cast), titled "Duroc, Campagne d'Italie, 1796, Castiglione", with precision "dernière maquette de mon mari, X bre 1890, mort mardi 31 Janvier 1891, Paris", signed "Vve Meissonier 1893" editor of the model (few examples), with the inserted Meissonier "Ernest Meissonier M. de l'Institut aetatis suae LXXV"
Circa : 1893-1898

MEISSONIER SCULPTEUR

Plus connu comme peintre que comme sculpteur, E. Meissonier réalisa pourtant une trentaine de modèles, essentiellement en cire et en plastiline, entre 1860 et 1891, date de sa disparition. La sculpture semblait être pour lui un art de divertissement dont il ne souhaitait tirer aucun profit. Ses modèles lui servaient à l’occasion à réaliser la composition de ses toiles, lui permettant d’observer ses sujets dans la posture qu’il souhaitait, sans avoir à sortir de son atelier et surtout dans une immobilité totale. Les amateurs découvriront son talent de sculpteur lors de deux expositions post-mortem qui eurent lieu à l’ENSBA en avril 1893 et à la Galerie Georges Petit en mars.

LES ÉDITIONS

Au moment de la mort de l’artiste, aucune œuvre de celui-ci n’avait été réalisée en bronze. Lors de son décès, la mésentente qui régnait entre ses héritiers, les deux enfants de son premier mariage, Thérèze et Charles, et sa veuve, Elysabeth Meissonier-Bezançon, fit que l’atelier entier fut vendu, à l’exception des sculptures qui furent partagées en deux lots : la veuve reçut 5 sculptures de la fin de la vie de l’artiste : le Général Duroc, Castiglione, le Héraut de Murcie, Deux hommes nus, la Muse Dansante et le Cheval mort dont elle confia aussitôt la réalisation en bronze au fondeur Bingen, afin de les présenter à l’exposition de l’ENSBA, tandis que les enfants confiaient une partie de leur lot : Cosaque, Hussard, Cheval au trot, Cheval de trompette, Cheval au repos, Cuirassier, le Voyageur, Napoléon Ier 1814 à la fonderie Siot-Decauville. Si la série confiée à Siot semble avoir rencontré un certain succès, en particulier pour les modèles de Napoléon Ier et du Voyageur, celle de Bingen est restée confidentielle. Peut-être que la mort de la veuve le 21 mai 1898 qui légua sept cires aux musées nationaux, ainsi qu’un chef-modèle en bronze, y est pour quelque chose.

LE GÉNÉRAL DUROC A CASTIGLIONE

Surnommé l’ombre de Napoléon, le Général Duroc est représenté ici âgé de 24 ans lors de la campagne d’Italie. C’est donc un jeune homme à l’allure conquérante que le sculpteur choisit de représenter le général au galop et il est à noter que pour la première fois, l’artiste se sert avec exactitude de la représentation du galop du cheval dont les différentes phases de l’allure ont été démontrées par les travaux chronophotographiques de Marey et de Muybridge.
Cette sculpture servira à la représentation de Bonaparte dans le tableau resté inachevé, le Matin de Castiglione, dernière œuvre picturale de l’artiste. Trois épreuves sont conservées dans des musées français, six répertoriées dans différentes salle de vente (peut-être plusieurs fois la même) entre 1975 et 2017, ce qui en fait l’un des modèles les plus rares de la série.


Autres épreuves :

LYON, musées des Beaux-Arts, legs de Madame Meissonier, 1898.
RIOM, musée Francisque Mandet, dépôt du Musée du Louvre (RF 2012), don de Madame Meissonier, 1895.
GRENOBLE, musée de peinture et de sculpture, legs de Madame Meissonier, 1898.
 

J.L Ernest MEISSONIER