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Auguste RODIN ( 1840 - 1917 )

BUSTE DE VICTOR HUGO "à l'illustre Maître" (1883)

Reduction with integrated piedouche called " Griffoul" (circa 1892)
Bronze, richly green shaded black patina 
H : 38,4 cm, W : 16,4 cm, D : 17,2 cm
Lifetime cast signed "A.Rodin", "Alexis Rudier Fondeur Paris"(mark and inside seal), one of the seven lifetime casts currently identified, six posthumous casts (1962-1980).
Cast in november 1916

Avant la conception du Monument à Victor Hugo, Rodin réalisa une étude du poète en 1883, quand le journaliste Edmond Bazire provoqua la rencontre entre les deux hommes, bien qu’Hugo soit réticent à se laisser portraiturer. 

Il en résulte la réalisation d’un premier modèle en buste, qui sera par la suite repris dans différentes variantes, dont une avec un piédouche. Ceci rappelle la forme classique de cette typologie, de même que l’expressivité au niveau du regard, qui fait référence à la figure du poète Homère, aveugle mais profondément inspiré. 

Quelques mois avant la mort d’Hugo, le buste est exposé au Salon de 1884, où il déplaît à sa famille, mais est bien accueilli des autres visiteurs. 

La mort du poète amène à la création d’autres expérimentations autour de ce buste, notamment d’une version où le piédouche est orné d’une lyre et d’une branche de laurier, visant à symboliser la renommée du défunt, probablement une réalisation du fondeur Bingen. De nombreux exemplaires en marbre du premier buste sont commandés, dont l’exemplaire du Petit Palais. 

En 1889, la commande pour le monument engendre la large diffusion de l’image d’Hugo. Rodin doit ainsi présenter un modèle plus fini du buste, suivant les attentes du public, qui s’étonnait de l’aspect inachevé de l’œuvre : le sculpteur choisit de couper le buste sous le revers du veston. Il s’en suit l’édition de cette version, en taille réelle mais aussi en réduction, peut-être à l’initiative de la Maison Susse, notamment pour la réduction dite Griffoul, que notre exemplaire illustre. 

Rodin réemploiera les traits du buste du poète lors de la conception du monument, après l’avoir retravaillé avec un relief plus dynamique, en creux et bosses, et en inclinant la tête, pour approfondir l’aspect introspectif et réfléchi de la figure. 

Les études pour le Monument à Victor Hugo et ses composantes sont le préambule à l’élaboration de plusieurs autres monuments à consonances lyriques, qui seront commandés à Rodin dans les années 1890. Ils rendent hommage à de grandes figures artistiques de cette période, comme le Monument à Balzac ou encore celui à Puvis de Chavannes, mais aussi à des personnalités plus anciennes, comme Claude Le Lorrain. 

Notre épreuve, d’une qualité muséale, est particulièrement rare. Pour ce modèle, on dénombre seulement 7 exemplaires d’époque, entre 1893 et 1916, fondus par Griffoul & Lorge, J-B Griffoul, François Rudier et Alexis Rudier. Notre épreuve est soulignée d’une subtile patine noire, nuancée de vert, emblématique des éditions de cette époque. 

EXEMPLAIRES DANS LES COLLECTIONS MUSÉALES

- Besançon, musée des Beaux-Arts, inv. 937.1.4. 
- San Francisco, California Palace of the Legion of Honor, inv. 1942.38. 
- Dijon, musée des Beaux-Arts, inv. DG 86-153.
 

Auguste RODIN