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Jacques LIPCHITZ ( 1891 - 1973 )

HAGAR II also known as "HAGAR" (1949)

Los Angeles County Museum of Art (another example)
Bronze, richly green shaded black patina
H : 32,5 cm, L : 35 cm, D : 22,5 cm
Artist example signed "J. Lipchitz", with the sculptor fingerprint, numbered "1/7" from the seven limited edition.
Circa : 1963

WILKINSON Alan G., The sculpture of Jacques Lipchitz, a catalogue raisonné, vol. 2, p. 49, n°439.          
Jacques Lipchitz est un sculpteur russe mondialement reconnu qui vécut dès l’âge de 18ans à Paris, puis aux Etats Unis lors de la Seconde Guerre mondiale et enfin à Capri, en Italie, où il s’établit à la fin de sa vie. Il n’a jamais expérimenté la peinture et les arts graphiques en général, ce qui en fait un artiste très particulier. Il progresse donc uniquement en créant des œuvres sculpturales durant une période où le cubisme envahit tous les domaines, ce qui marquera profondément son travail et lui permettant de s’inscrire dans la lignée de Georges Braque, Pablo Picasso ou encore Fernand Léger.  La petite collection d’objets venant du monde entier qu’il constitue, lui permet rapidement d’acquérir des notions générales d’Histoire de l’Art et, par la suite, de se réapproprier certains grands thèmes tels que la Nature Morte qu’il traite à la manière d’un bas-relief, autour de 1918, ou encore d’étudier la représentation de certains grands personnages mythologiques ou religieux comme le combat entre David et Goliath, autour de 1933.

NOTRE MODELE 

Notre épreuve s’inscrit dans cette perspective. Hagar, effectivement, est une personnalité emblématique présente dans la Génèse. Hagar, servante de Sara et Abraham, donne naissance à Ismaël, fils d’Abraham alors que Sara est stérile. Mais par la suite, Sara devenue miraculeusement mère d’Isaac, demande le départ d’Hagar et d’Ismaël, qui fuient dans le désert, milieu hostile où s’établiront, par tradition, leurs descendants, devenus les caravaniers musulmans. Lipchitz aborda ce thème récurrent dans l’Histoire de l’Art à travers diverses études portant sur le sacrifice et la relation mère- enfant dès 1948. La décomposition du personnage est centrale dans la structure de l’œuvre et amène un jeu de courbes et de contre courbes qui devient presque irréel. On ne peut discerner correctement que le visage tendu vers le ciel d’Hagar, son bras gauche semblant repousser quelque chose et son autre bras soutenant la tête d’Ismaël.
Notre modèle est de la deuxième version, créée autour de 1949, sur les trois qui existent du personnage d’Hagar. Cette version fut réalisée dans une édition justifiée à 7 exemplaires seulement, dont un est actuellement conservé au Los Angeles County Museum of Art, Californie. Cet exemplaire, le premier du tirage, présente une très belle patine vert antique soulignant la souplesse de l’ensemble. Et surtout, il porte l'empreinte digitale de l'artiste impliquant son intervention dans les opérations de fonte, reprise de la cire de fonte et patine.
 

Jacques LIPCHITZ