Paul Wayland BARTLETT

Très tôt formé par son père, lui-même sculpteur, il commence ses études à Boston, avant de les poursuivre à Paris sous la direction de Frémiet au Muséum d’Histoire Naturelle et à l’ENSBA, dans l’atelier de Cavelier.

Il débute au Salon de 1876 où il expose un groupe en bronze, Episode de la guerre, aux Etats Unis (cat. 3066). Au Salon National des Beaux-Arts en 1892, il présente un Buste de M. B. (sa grand-mère, cat. 448) en marbre, ainsi qu’un bronze Lionceau rongeant un os de cheval (cat 1449). Il se souvient particulièrement de l’œuvre de Frémiet, notamment son Dénicheur d’ours, lorsqu’il imagine son Dompteur d’Ours, au rapport de force inverse et dont une épreuve est aujourd’hui conservée au Metropolitan Museum[1]. De son apprentissage au Muséum, il garde une approche attentive de la bête, une anatomie parfaitement maitrisée, tout en conservant une grande sensibilité, en présentant toujours des animaux apaisés. Le modèle de l’Homme accroupie, imaginé vers 1896, révèle que l’artiste est sensible aux recherches artistiques de ses confrères, autour de l’expression et de la figuration des passions, notamment à travers les œuvres d’Auguste Rodin et de Camille Claudel. Extrêmement doué, il poursuivit toute sa vie une carrière de sculpteur de figures, comme d’animaux, en tous matériaux.

Son talent vite reconnu lui vaut d’être sollicité pour de nombreuses commandes monumentales. En effet, l’artiste avait eu la possibilité de s’approprier pleinement cette dimension, dans une ville-musée à ciel ouvert comme Paris. Ainsi, Il réalise deux figures Michel Ange et Christophe Collomb, pour la Bibliothèque du Congrès entre 1894 et 1898, en bronze qui doivent s’insérer dans l’espace architectural. Il est l’artiste idéal pour recevoir la commande d’une statue équestre de La Fayette en 1899, qui représente et scelle les amitiés franco-américaines, installée cours la Reine à Paris. Bartlett collabore en 1903 avec le sculpteur Ward, l’un des plus importants artistes du moment aux Etats-Unis, pour imaginer le fronton de la nouvelle Bourse de New York. L’expérience parisienne du sculpteur est alors particulièrement utile, en s’inspirant du fronton du Panthéon et de l’église de Madeleine, composés un personnage central qui forme un axe de symétrie pour équilibrer la composition. La commande est un succès qui le conduit à la conception d’un autre fronton extérieur en 1916, pour orner le Capitole.


[1] New York, Metropolitan Museum, inv. 91.14.