OSSIP ZADKINE

Ossip Zadkine nait à Vitebsk en Russie, le 4 juillet 1890. Sa famille appartient à la petite bourgeoisie, son père est professeur de langues mortes au séminaire de Smolensk et sa mère est issue d’une famille d’ascendance écossaise enrichie dans la construction navale.

Élevé dans un milieu intellectuel plutôt austère, il apprécie ses échappées dans la nature environnante. Il a véritablement la révélation de sa vocation à la suite d’une chute près d’un ruisseau lors d’une promenade en forêt : alors qu’il allait se relever, il remarqua une terre glaise très blanche qui lui collait aux doigts. Il en ramassa une motte, s’assit sur un banc et aussitôt, sans avoir jamais appris, il se mit à modeler un ouvrier qu’il avait observé quelques instants plus tôt. Son père lui fait prendre des cours de dessin auprès d’un maitre assez médiocre de la ville, puis à l’âge de 16 ans l’envoie à Sunderland, petite ville du nord de l’Angleterre, pour apprendre les rudiments de son art. Peu convaincu par les travaux qui lui sont imposés à la pension, Zadkine fuit à Londres où, se voyant coupé les vivres par son père, il vit d’expédients durant 11 mois en se faisant embaucher chez des artisans du meuble du quartier East End qui lui confient des ornements à tailler. Un peu découragé et épuisé, il rentre à Smolensk en 1907. Il continue à se former seul et finit par convaincre son père de le renvoyer à Londres où il suit durant un an les cours de l’Ecole Polytechnique des Arts et Métiers. Il revient une nouvelle fois en Russie où il commence à réaliser des sculptures en bois et il expose pour la première fois à Petrograd une Bayadère et une Tête. Son père, ayant accepté définitivement sa vocation, décide alors de l’envoyer parfaire sa formation à Paris, capitale de tous les arts.

Ossip Zadkine débarque à la gare du Nord au mois de septembre 1909. Il s’installe rue Laplace, derrière le Panthéon et s’inscrit à l’ENSBA dans l’atelier d’Injalbert. Peu intéressé par l’enseignement académique, il quitte l’école et se forme désormais tout seul. La découverte de l’Art Roman le fascine particulièrement, surtout l’expression malgré l’économie de moyens. Il s’installe bientôt à la Ruche, groupe d’ateliers créé par Alfred Boucher, et fréquente la Closerie des Lilas et le bar de la Rotonde où il fait la connaissance de Modigliani, de Laurens, Gargallo, Matzinger… Dans son atelier, il travaille la pierre et le bois et subit l’influence du cubisme. Pourtant, il n’adhèrera jamais pleinement au mouvement. Le Salon d’Automne de 1913 lui vaut son premier collectionneur, Paul Ridicanachi qui acquiert plusieurs œuvres et lui procure un nouvel atelier plus vaste rue Rousselet. La critique commence à s’intéresser à lui. Son goût pour les lignes sinueuses se fixe dès lors.

En 1915, il s’engage comme brancardier et est affecté à l’Ambulance russe près de Reims. Gazé, il est hospitalisé à son tour et réformé en octobre 1917. En 1919, il a sa première exposition personnelle à la Galerie le Centaure à Bruxelles, puis il en organise une autre dans son atelier parisien avec 49 sculptures et des œuvres sur papier.

Le 7 juillet 1920, il épouse la peintre Valentine Prax, sa voisine d’atelier. A partir de 1921 et de son éloignement des théories cubistes, il devient un artiste indépendant, curieux de tous les mouvements et de toutes les cultures, sans rejeter aucune école. A partir de 1925, son style se libère de toute influence et devient bouillonnant : les lignes s’incurvent, les surfaces ondulent, le mouvement habite toutes ses créations. Les ventes sont rares, mais progressivement un groupe de critiques (Jean Cassou, André Salmon) met son travail en lumière. Zadkine expose régulièrement à Bruxelles et intègre la Galerie Barbazanges. En 1926, l’artiste s’installe au 100 rue d’Assas dans ce qui deviendra le musée Zadkine. Il commence à vendre à des musées (Orphée en bois d’orme au Petit Palais de Paris, Cerf en bois doré au Stedelijk Museum d’Amsterdam) et fait un voyage en Grèce qui le marquera profondément. Il travaille essentiellement la pierre et le bois dans des œuvres monumentales.

Après 1930, il séjourne régulièrement dans le Quercy où il peut réaliser des sculptures de plus grand format. Dès le début de l’Occupation, Zadkine quitte la France et obtient en mai 1941 un visa pour les Etats-Unis. Gagné par une grande nostalgie de Paris et de sa maison du Quercy, il produit très peu. Il expose tout de même des gouaches à la Galerie Wildenstein en octobre 1941, et en mars 1942, la Galerie Pierre Matisse l’invite à participer à l’exposition "Artist in Exile" aux côtés de Léger, Chagall, Lipchitz… Il prend un poste d’enseignant à l’Art Students League. Dès la guerre terminée, il se précipite pour rentrer en France et débarque au Havre le 28 septembre 1945. Son art retrouve son élan. Il se remet au travail et produit 3 de ses plus belles œuvres : Orphée à la lyre (1949), Les Trois Belles (1950 et Les Trois Grâces (1952). A partir de 1957 il enseigne à la Grande Chaumière.

Zadkine meut à Paris le 25 novembre 1967, devenu un grand nom de la sculpture française et reconnu internationalement.

; ;