Charles BIGONET

Charles Bigonet naît à Paris le 11 juillet 1877. Il est le fils d’un tailleur de pierre d’origine italienne qui, très tôt, l’encourage dans la voie artistique. Il partage ses premières années d’apprentissage entre l’ENSBA où il est l’élève de Barrias (1841-1905) puis de Coutan (1848-1939) et différents petits ateliers où il taille la pierre et le marbre. Il débute au Salon de 1908 où il expose un buste en plâtre, puis obtient à celui de 1912 une médaille de 3e classe pour Les premiers pas, ainsi que le prix Abd-el-Tif décerné par la Société des peintres orientalistes français qui va lui permettre de séjourner deux ans en Algérie. Il a alors un véritable coup de foudre pour ce pays et ses habitants qui vont devenir sa véritable source d’inspiration durant toute sa courte carrière. Il consacre les deux années passées à la Villa Abd-el-Tif à la réalisation de nombreuses esquisses et croquis pris sur le vif. Il croque en particulier les différents types d’habitants qu’il rencontre : arabes, berbères, juifs… dont il tirera ses futures sculptures. Durant la Première Guerre mondiale il est mobilisé à Alger où, étant aveugle d’un œil, il échappe à l’enfer des tranchées, devenant tour à tour infirmier puis professeur de dessin au lycée d’Alger. Il rentre en France en 1919 et réalise le modèle de sa première grande commande, un adolescent ailé destiné à couronner le monument aux morts du lycée Lamartine d’Oran (toujours en place) En 1920, il dévoile pour la première fois au public ses sculptures d’inspiration orientale au Salon : Naïlia et Joueuse d’osselets. Bigonet retourne alors en Algérie pour l’installation de son monument à Oran et c’est alors qu’il entend parler d’un projet d’un autre grand monument aux morts pour la ville d’Alger. De retour à Paris, il contacte son condisciple Landowski avec lequel il réalise un projet sous la direction des architectes Gras et Mortester. Ils remportent le concours en 1922. Bigonet et Landowski travailleront ensemble durant 6 années à cet ouvrage qui sera inauguré le 11 septembre 1928 . Landowski se charge du groupe équestre principal, tandis que Bigonet réalise une frise sur le piédestal qu’il taille lui-même en grande partie. De retour en France, la perte de son compagnon Fernand David, auquel il s’était lié depuis leur rencontre dans l’atelier de Barrias, le plonge dans une dépression croissante. En 1928, il reçoit avec Bouchard la commande d’un important monument pour le centenaire de la colonisation de l’Algérie sur la place de la Mitidja. Le projet qu’ils proposent sous la direction de l’architecte Salvador remporte le prix. Il s’agit d’une vaste fresque de 36 mètres de long sur 5 mètres de haut qui rappelle des épisodes de la vie des premiers colons. Durant son séjour et jusqu’à l’inauguration de ce monument en 1930, Bigonet semble retrouver l’envie de vivre. Mais de retour à Paris, ses crises de mélancolie le reprennent et il met fin à ses jours le 21 juin 1931.