A.-V. BECQUEREL

On sait peu de choses sur les origines d’André-Vincent Becquerel, sinon qu’il naît le 30 novembre 1893 à Saint André Farivilliers dans l’Oise, au sein d’une famille de scientifiques célèbres depuis le XIXe siècle. On compte notamment parmi ses membres Henri Becquerel, co-inventeur de la radioactivité et prix Nobel de physique en 1903. Le tempérament d’artiste et l’attrait pour la sculpture du jeune André-Vincent se manifestent dès son enfance. Il suit d’abord les cours d’Hector Lemaire (1846-1933) pour la Figure et ceux de Prosper Lecourtier (1855-1924) et de Charles Valton (1851-1918) pour l’art animalier auquel il va au fil des années se consacrer entièrement. Il a 21 ans quand il expose pour la première fois au Salon des Artistes Français. Sa production artistique est interrompue durant la Grande Guerre où il est mobilisé dans l’aviation. Plus tard, il réalisera à Saint-Valery en Caux un monument à la mémoire des aviateurs Costes et Bellonte pour leur traversée de l’Atlantique. À l’occasion de l’Exposition Universelle de 1937, une autre construction monumentale lui sera confiée. Il réapparaît au Salon en 1921 avec une première sculpture animalière, Un vieux gardien (Berger d’Alsace), puis à celui de 1922 avec un Petit chat en pierre, deux œuvres aujourd’hui disparues. Consciente de son talent, la maison Susse le contacte et signe un contrat d’édition avec lui pour quelques modèles. Autour des années 30, il travaille avec la maison Etling pour laquelle il réalise quelques statuettes polychromes dans l’esprit de Chiparus composées de différents matériaux ivoire, émaux, rehauts d’or, telle La Vénitienne. Il réalise également des éditions en céramique, en particulier des figurines bretonnes. Ceci étant, pour l’essentiel de son œuvre qui est animalier, il reste lui-même son propre éditeur, comme la majorité des sculpteurs de son temps, et présentera régulièrement ses nouvelles créations, bronzes et marbres, au Salon jusqu’en 1954. Il se fera aussi une spécialité dans la représentation d’oiseaux délicatement posés sur des branches, variations nombreuses, ou de poissons évoluant dans l’onde et parmi des algues, productions plus rares, qui connaîtront un réel succès. Sociétaire du Salon des Artistes Français, il obtient une médaille de bronze au Salon de 1944, la médaille d’or à celui de 1945 et le Prix d’Yser en 1952. La composition de ses modèles témoigne à la fois d’un dessin simplificateur et d’une construction architecturale qui sont la marque des créateurs puissants. Par ailleurs, les détails du modelé, la "sculpture de surface" tellement importante pour la sculpture animalière, est là pour gonfler les volumes, ce qui donne à ses bronzes, aux fauves en particulier, cette étonnante présence qui se retrouve chez les plus grands animaliers. Comme Barye, Guyot et Pompon, ses œuvres présentent un caractère de monumentalité qui est le signe manifeste des grands talents. Les modèles les plus intéressants sont ceux qu’il a édités lui-même. Il a alors recours surtout à la fonte au sable pour ce qui est de la technique. Et pour les tirages, comme cela est en cours à cette époque, il pratique l’édition non justifiée, mais généralement numérotée et limitée de fait par le caractère artisanal de sa diffusion.